I. Duruy, Inc. cit
comme le sont partout les premiers rois, et sa principale occupation était de fortifier les postes importants, de reculer les Trontières de la petite patrie. Son allure était fort modeste d'abord. Par le costume, le train de maison, le genre de vie, il ne se distinguait guère des autres citoyens^ Pourtant ce petit roi cumulait, comme tous les petits rois, les plus importantes fonctions. En temps de guerre, il était généralissime; il était aussi grand prêtre. Tous les neuf jours, il devait rendre lui-môme la justice, au lieu de l'assemblée, et monté sur un char d'honneur (Mommsen), ou bien la faire rendre par des juges, qu'il désignait. Cependant ses arrêts n'étaient pas sans appel et Ton en pouvait demander la revision au peuple. Le roi était le gardien des lois, qu'il avait mission d*appliquer. En temps de guerre, et ces temps n'étaient point rares, l'autorité du roi grandissait beaucoup; elle devenait absolue. Après la victoire, c'était le roi qui répartissait les terres conquises et il s'en appropriait une part privilégiée*. Trois cents chevaliers, dits celeres, formaient sa garde. Or, dans toutes les sociétés barbares encore, la possession d'un rheval a commencé par être un luxe hors de la portée du vulgaire. Le cavalier, le chevalierj est nécessairement un homme riche, un aristocrate : aussi, dans la Rome protohistorique, le chef, le tribun des celeres, était-il, après le roi, le premier magistrat de la cité^
Dans la cité romaine, sous les rois électifs, existent donc, à l'état embryonnaire encore, tous les organes politiques qui se développeront et fonctionneront, quand Rome sera devenue un puissant État et aussi longtemps qu'elle conservera sa liberté républicaine. Nous y trouvons les tribus patriciennes et la foule plébéienne, le sénat ou conseil des