Polybe, Réf. rom., VI, frngm
i. Polybp, VI, fragm. V.
A ROME. 3Co
sénateurs était rédigé par les censeurs^ qui, à la condition d'être d'accord, pouvaient exclure tels ou tels sénateurs, simplement en passant leurs noms sous silence; à la condition pourtant de donner les motifs de celte prétention^ Dans les derniers temps, il fallut être riche pour siéger au sénat ; il y eut un cens et le chiffre minimum d'une fortune sénatoriale fut fixé à 800,000 sesterces, environ 160,000 francs.
Le sénat ne pouvait être convoqué que par les magistrats supérieurs, ayant Vimperium regium '. C'était le sénat qui mandait hors de l'Italie, au temps de la puissance romaine, des ambassadeurs soit pour déclarer la guerre, soit comme arbitres pour réconcilier les puissances alliées, soit pour adresser des remontrances. A Rome, il recevait les ambassadeurs étrangers et leur répondait ^ Pendant que le consul menait une campagne, le sénat avait le droit de l'arrêter dans ses opérations militaires. A Tcxpiration de l'année consulaire, il pouvait à son gré ou envoyer à l'armée un autre chef ou proroger le commandement du consul en fonction \ Enfin, en cas de vacance du pouvoir consulaire, pour cause de décès, de défaut ou d'annulation d'élection, le sénat choisissait dans son sein un interrex, un interroi ; mais ce roi provisoire devait être remplacé tous les cinq jours \
Rapproché des humbles commencements du sénat, son étonnant développement politique est un bel exemple de croissance; entre le modeste conseil des anciens, gouvernant la tribu dans la Rome tout à fait primitive, et le majestueux sénat de la grande république romaine, il y a la même différence qu'entre Tenfant et l'adulte. Mais ce sénat de pères
i. Duruy, loc. ciLy 125.J39. * t. Mommsen, loc, cit., 239.