‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 372 sur 538 · PlularqiKî, HomuluSy XVI · texte numérisé non relu

PlularqiKî, HomuluSy XVI

Seules, les trois tribus de la cité possédaient une organisation politique. Chacune d'elles se divisait en dix décuries représentées par les clans, les gentes patriciennes. — La première assemblée politique fut celle de la curie. En effet, avant laconfédération des clans ou gentescncuvieSj aucuneassemblée n'était nécessaire, puisque chaque gens formait une petite société familiale, despotiquement gouvernée par son chef. Les assemblées curiates se réunissaien t toutes en comices pour décider les questions importantes, la paix ou la guerre, ou l'adoption des lois, la nomination à certaines charges publiques. Le roi faisait la proposition et l'assemblée votait sans discussion générale, mais après délibération dans chaque assemblée partielledecurie. Seuls, les patriciens avaient droit de vote; mais on votait par curie et l'assemblée était rompue, dès que seize curies sur les trente avaient adopté. La résolution, ainsi prise, devenait un décret du peuple romain. Après la chute de la royauté, le rôle du roi dans l'assemblée des curies fut rempli par les consuls, le préteur ou l'interroi*. — Ce Furent les comices curiates réunis qui rappelèrent Camille de son exil. Dans les comices curiates partiels, on légalisait les adoptions, les testaments, etc.

Telle était l'organisation primitive, mais elle fut bouleversée et démocratisée par le roi Servius, qui s'efforça de copier les lois de Solon. Au lieu de classer les Romains d'après la naissance, il le fit d'après la fortune et partagea la population en deux grandes catégories : ceux qui possédaient une certaine fortune et les prolétaires. La première catégorie fut subdivisée en cinq classes, dont la plus élevée comprenait tous les citoyens ayant plus de 100,000 as de revenu (10,000 fr.)*. Cette première classe comptait 98 centuries; les trois suivantes, vingt chacune; lacinquiè.nne,

1. Duruy, toc. ct7.,115. — Nieuport, Coul, et cérémonies che% les Romains, t. Geoffroy, loc. cit. — F. tic Coulanjçcs, loc. cit., 3t3.

trente. Les riches avaient donc nécessairement l'avantage dans les votes ^ Pour classer ainsi les citoyens, on en fit le cens. Chacun dut déclarer ce qu'il possédait en biens, en esclaves, en aiïranchis, indiquer son domicile, donner son nom et celui de sa femme. Quiconque refusait de subir cette enquête était rayé d'entre les hommes libres, battu de verges et dépouillé de ses biens, qui étaient vendus à Tencan. Les classes de Servius correspondaient à autant de divisions dans l'armée, mais la cinquième ne combattait que dans les rangs des vélites, des enfants perdus. Une sixième classe comprenait les gens dépourvus de toute fortune, les prolétaires, le plus souvent exclus de Tarmée; car les devoirs militaires et les impôts étaient proportionnés à la richesse. On avait soudé les charges aux privilèges; c'est même ce qui rendit lolérable cette organisation, d'ailleurs très inquisitoriale. En effet des chefs de districts devaient connaître le nom, le sexe, l'âge, la fortune de chacun et il fallait mourir dans la tribu où Ton était né.

L'assemblée cenluriate remplaça, àpailir de Servius et pour toutes les choses importantes, l'assemblée curiate. Elle nommait les magistrats, les consuls, les préteurs, les censeurs, les tribuns militaires; on y ratifiait les propositions faites par les grands magistrats, les déclarations de guerre, les traités de paix; mais on n'y votait encore que sur des propositions faites par le sénat et, dans les élections, le président pouvait repousser pour indignité toutes les candidatures qu'il ne présentait pas lui-même*. — Enfin Servius, tout en conservant les trois anciennes tribus, en créa quatre nouvelles ^

Outre les comices par curies et centuries, il y avait encore

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