Franklin, Icc. cil,,\y lii
loups, de temporaires associations ayant pour but une chasse fructueuse et se terminant avec elle. Leurs sociétés sont permanentes; ce sont de véritables unités ethniques, des clans \ occupant et revendiquant un territoire déterminé où un intrus ne peut risquer les pattes sans s'exposer à être mis en pièces ^
L'exemple des canidés sociables suilQt bien à prouver que le régime Carnivore n'est pas en lui-même un obstacle à la formation de sociétés animales, plus ou moins nombreuses. L'aptitude à la vie sociale résulte sûrement, chez les animaux, de causes diverses, surtout de circonstances impérieuses, ayant fait de l'association une condition nécessaire pour subsister, d'où, à la longue, la formation d'instincts qui poussent spontanément à s'agréger.
Il importe pourtant de remarquer que la plupart des canidés sauvages, qui se groupent en meutes, sont précisément les plus cyniques dans leurs amours, les plus impropres à la vie de famille, ceux qui ne connaissent que les appariations momentanées^. Or, il y a là un argument de plus contre la théorie passée à l'état de lieu commun et suivant laquelle la famille, comme on l'entend dans les sociétés humaines civilisées, a dû être partout et toujours la cellule ovulaire des sociétés.
L'étude de nos cousins germains, les singes, n'est pas plus favorable à cette théorie familiale. En général, les singes ne le cèdent guère en intelligence aux éléphants; certaines de leurs espèces leur sont même supérieures en ce point. Dans tous les cas, sous ce rapport, ils l'emportent de beaucoup non seulement sur le loup et le chacal, mais encore sur le chien. Pourtant, pas plus que l'éléphant, ils ne for-