Monimscii, loc. r//., 331-:^{i
charge, les magistrats, surtout les grands, disposaient d'un pouvoir souverain; mais la responsabilité les attendait à courte échéance et enfm, pour les traités publics, TÉtat avait toujours le droit de répudier des engagements pris sans son assentiment spéciale Le pouvoir des magistrats variait aussi d'étendue suivant le point du territoire où ils se trouvaient. Dans YUrbs Romay le pomaerium de Servius, même dans Yager romanH,^^ allant jusqu'à la cinquième ou sixième borne milliaire, Tautorité ne pouvait être qu'annuelle sans prorogation, on admettait l'intercession entre collègues, enfin le peuple avait droit de statuer souverainement sur les accusations capitales '•
Je viens de parler des magistratures en général; les passer toutes en revue serait évidemment excéder les limites de mon sujet. Pourtant il en est trois, sur lesquelles il est indispensable de dire quelques mots; ce sont la dictature, la censure et le tribunat.
La dictature est une institution spéciale à Rome et, comme celles dont je vais m'occuper, elle fait honneur à l'intelligence politique du peuple-roi. Dans la vie d'une nation, il est en effet des moments extrêmement critiques, où il peut être utile d'accorder à un homme les pouvoirs les plus étendus; mais on ne confiait au dictateur cette autorité souveraine que pour une mission et pour un temps donnés. Dans ces limites, le dictateur était irresponsable. Pendant six mois, il disposait de tous les pouvoirs. Devant lui marchaient vingtquatre licteurs portant des faisceaux armés de hachesj même dans l'intérieur de la ville, ce qui était interdit aux licteurs des consuls. Contre les décisions du dictateur, il n'v avait pas d'appel ; la vie et la propriété des citoyens étaient à
J. Mommsen, loc. cit.f 286-287.