Ibid., XI, ch. iv
narchie barbare, s*efforçant de se modeler sur les grands empires asiatiques; mais nous savons que ce stade n'est jamais primitif; toujours il est précédé du stade de la tribu républicaine avecclans communautaires. Il est donc permis d'aflirmer par induction que les Ibères et les Albanais caucasiens n'ont pas évolué autrement que le reste du genre humain, d'autant mieux qu'aujourd'hui encore on retrouve à l'état de survivance le régime plus primitif du clan, chez certains petits peuples de la chaîne caucasique. Cela ressort d'intéressantes études tout récemment faites sur les Ossètes du Caucase.
Les Ossètes forment aujourd'hui une petite population d'environ cent mille âmes, habitant au centre et sur les deux versants de la chaîne du Caucase. Leur langue est dérivée de l'ancienne langue des Perses et ils ont même longtemps pratiqué le Zoroastrisme. Ces particularités nous ren* seignent donc à la fois sur l'origine des Ossètes et sur ce qu'a dû être le premier état politique et social des anciens Perses '. Les villages ossètes sont campés, comme des forteresses, sur des hauteurs. Chacune de leurs maisons est une habitation de clan, occupée par une communauté de quarante ou cinquante ménages, quelquefois par une centaine. Tous les membres de ce claii sont consanguins et se considèrent comme les descendants d'un ancêtre commun, dont ils portent le nom. La grande maison commune du clan est entourée d'un mur crénelé, surmonté d'une tour. Une vaste salle sert de cuisine, de réfectoire et de lieu de réunion. Dans cette salle sont deux grands bancs, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Les hommes sont soumis à un ancien ; les femmes, de leur côté, à une ancienne. Dans le clan ossète, tout a commencé par être en commun,