Meyer et Ardant, Question agraire, I
LH)RGANISATION POLITIQUE DANS L'EUROPE BARBARE. 3i>3
de grandes principautés, gouvernées par des princes, autour desquels et leur prêtant main forte se pressait une troupe de boyards, de grands propriétaires, de soldais de fortune, conservant d'ailleurs leur indépendance individuelle, ayant le droit de changer à volonté de maître, de refuser leur concours à une expédition guerrière. Dans ces petits États barbares, les mœurs républicaines prévalaient encore.
A Novgorod, sous les descendants du Scandinave Rurik (ix* siècle), le prince n'était guère que le chef d'une république et le pouvoir souverain résidait dans l'assemblée générale des citoyens, convoqués aux sons de la grosse cloche sur la place du marché. Cette assemblée édictait des lois obligatoires pour le prince et le peuple. Comme le peuple athénien dans Vagoray l'assemblée de Novgorod avait le droit de paix et de guerre ; elle élisait, déposait et même jugeait les magistrats. Le prmce était simplement le chef salarié des troupes et le président de l'administration judiciaire. En entrant en fonctions, il lui fallait même jurer d'observer les antiques lois et usages. Manquait-il à son serment, il était expulsé. Le pouvoir souverain du peuple était énergiquement exprimé dans le vieux dicton suivant : « Si le prince est mauvais, qu'on le jette à Teau. » En effet, le trône de ces princes était fort chancelant : il y eut, en un siècle, trente dépositions ou abdications parmi les descendants de Rurik \
Au ix« siècle, les Slaves de la Russie en étaient donc encore au régime de la tribu républicaine, mais inclinaient déjà vers la monarchie, par suite de la nécessité d'avoir un chef militaire. C'est là, dans l'évolution politique des peuples, une phase presque universelle. Les populations slaves de la