Strabon, IV, ch. îv, 4. — César, VI
I/ORGÀNISiTION POLITIQUE DANS L'EUROPE BARBARE. 401
exempts d'impôts et de service militaire S Au-dessous de ces deux classes privilégiées, la masse plébéienne et dépendante était réduite à une condition servile et politiquement ne comptait pour rien^. Quant aux esclaves proprement dits, ils ccaient peu nombreux, mais entièrement assimilés aux animaux domestiques. Le maitre les pouvait à son gré vendre, estropier, tuer. La catégorie sociale des esclaves se composait des prisonniers de guerre, des débiteurs insolvables, des criminels \
Les petits États gaulois, ainsi divisés en classes, formaient le plus souvent des républiques oligarchiques, gouvernées par un sénat d'anciens, composé de grands propriétaires et souverain dans les affaires politiques. S'agissait-il de guerre? un conseil de nobles se réunissait en armes pour décider des mesures à prendre avant l'entrée en campagne \
En tout pays, l'oligarchie nobiliaire incline sans trop de peine vers la monarchie. Cela arrivait ou était arrivé en Gaule, mais dans un petit nombre d'États seulement. Sur 46 chefs mentionnés par César, 9 seulement portent le titre de roi. Parmi les 60 nations principales de la Gaule au temps de César, six seulement vivaient en régime monarchique. Antérieurement il avait existé chez les Ârvernes un puissant monarque, nommé Luern (en langue bretonne, renard), qui allait au combat sur un char d'argent et accompagné d'une meute de chiens de guerre ^ Ces roitelets gaulois jouissaient-ils d'un pouvoir héréditaire ? Cela est improbable. Ainsi les Eduens et les Ausks (Auch) obéissaient à un chef armé d'un grand pouvoir, puisqu'il avait le droit de vie et de mort; mais ce chef, appelé le vergobrel, ne pou-