‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 409 sur 538 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

consistait surtout en bétail, le- chef de la tribu s*asservit ses administrés en leur donnant du bétail en cheptel et ea les obligeant à en accepter d'autant plus qu'ils étaient plus pauvres. Enfin il s'entoura de fugitifs, de déclassés, expulsés de leur tribu d'origine, de fnidhirSy et s'en fit une troupe de clients forcément dévoués, une armée permanente en miniature i. — Quand le pouvoir et la fortune furent devenus héréditaires, selon la tendance commune, il ne resta plus grand chose du régime égalitaire de la tribu des premiers âges. Le chef finit par prélever un impôt sur la propriété, une redevance en bétail, la meilleure bête de chaque espèce, un droit sur les héritages, la part du lion dans le butin, ordinairement composé de bétail, fait dans les guerres de tribu à tribu ou de petit royaume i petit royaume. Enfin le chef héréditaire, le petit roi, encaissa aussi le produit des amendes jadis payées auK intéressés à titre de compensation'.

Ainsi constituée, la société irlandaise se différenciait en classes correspondant à celles que trouva César dans la Gaule préromaine : une plèbe pauvre et dépendante, une noblesse de bo-airesy littéralement de « vachers nobles», c'està-dire de gros propriétaires de bétail, puis une catégorie, tout à fait analogue à celle des druides gaulois, la classe des brehonsj possédant, comme les druides, une grande influence morale et exerçant aussi des fonctionsjudiciaires. Nous pouvons supposer que les juges druidiques ne rendaient point de sentences gratuites; car leurs analogues, les brehwis d'Irlande, étaient pour leurs jugements payés en vaches et par une participation aux amendes qu'ils infligeaient ^ Les « brehons » irlandais furent, après la conversion au catholicisme, tout naturellement remplacés par le clergé catholique.

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