Mcycr et Ardant, Question agraire, 120. a. Ibid
Après la conquête normande les petits roitelets d'Ecosse et d'Irlande trouvèrent facilement une place dans le casier féodal. Les jurisconsultes écossais, quand ils eurent à déterminer les droits des chefs sur les domaines des anciens clans, transformèrent sans hésiter le domaine commun en propriété d'un seul S C'est exactement ce qu'avaient fait dans la Gaule les légistes romains. En Irlande, les seigneurs ou chefs firent abandon nominal au suzerain féodal de régions entières, jadis commune propriété des clans et tribus, et ils en obtinrent la rétrocession, moyennant hommage, sans que, dans cette attribution, l'on tint aucun compte des septSf des clans inférieurs de la population. Seul, le seigneur était tenancier institué: le reste des habitants du domaine ne se composait que de tenanciers à titre précaire, ou plutôt des villains *, des taillables de la société féodale.
J'ai maintenant, succinctement comme il convient à ces éludes, examiné au point de vue sociologique les populations barbares de l'ancienne Europe, du moins bon nombre d'entre elles : les Caucasiens, les Slaves, les Ibères, les Celtes. Pour être complet, il me resterait à parler des peuples germaniques, mais leur évolution politique pouvant se rattacher plus directement aux premiers siècles de notre moyen flge et être plus longuement suivie, je l'étudierai à part. D'ailleurs, dans l'ensemble, les mœurs et institutions politiques des Germains ne diffèrent pas essentiellement de celles des autres barbares de l'Europe ancienne. Nous pouvons donc, dès maintenant, nous faire une idée générale de ce qu'était l'Europe protohistorique avant l'intrusion de la conquête et de la civilisation romaines.