‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 411 sur 538 · Ibid.y Inst. prim · texte numérisé non relu

Ibid.y Inst. prim

L'ensemble des renseignemenlS) que nous a transrois rantiquité gréco-latine, les survivances signiGcatives, qui ont persisté en Europe jusqu'aux temps modernes ou même y subsistent encore, nous montrent l'Europe préromaine plongée dans une barbarie qui varie du plus au moins suivant les contrées, mais confine parfois à la sauvagerie. De rOural à TAtlantique, de la Scandinavie au détroit de Gibraltar, aucun grand État ne s'était encore fondé. La population, assez clairsemée, de notre continent, étaitgénéralement distribuée en tribus, le plus souvent républicaines, parfois monarchiques, ayant ordinairement une aristocratie, une plèbe, toujours des esclaves. En Gaule, les tribus commençaient à former des cilés, même à se grouper en confédérations ou ligues temporaires. Dans l'Europe occidentale, la vie agricole et sédentaire était déjà passée dans les mœurs, mais les habitants de l'Europe orientale étaient surtout nomades et pasteurs. Déjà pourtant, au midi de la Russie, quelques tribus de Scythes, c'est-à-dire de Slaves primitifs, étaient devenues agricoles, géorgiennes^ comme disent les écrivains grecs. Mais elles devaient payer la rançon de leur sédentarité à leurs congénères, restés nomades, exactement comme les Touareg sédentaires des oasis sahariennes sont exploités parles Touareg nomades et pillards. Dans ce midi du monde slave, l'influence de la civilisation grecque avait sûrement modifié les mœurs primitives. Les Slaves et même les Germains du nord étaient bien moins avancés. Leurs vêtements étaient encore en

peaux d'animaux, leurs flèches étaient encore années d'os pointus S

Vue dans son ensemble et en ne tenant compte que des analogies fondamentales, l'Europe préromaine était, pour l'état social et politique, assez comparable. à l'Amérique du Nord, alors que Christophe Colomb la découvrit. Certains traits de mœurs observés par les anciens sont empreints de la plus grossière sauvagerie, par exemple, la coutume du scalp chez les Scythes S celle de se fabriquer une coupe avec la calotte crânienne d'un ennemi tué, ainsi que le faisaient certains Germains', celle de mettre à mort les étrangei*s, comme il était d'usage chez les Celtes \ Notons encore l'indomptable énergie des Ibères, qui, captifs et mis en croix par leurs vainqueurs, entonnaient leur chant de guerre, exactement comme le prisonnier peau-rouge attaché au poteau du sacrifice. Tout cela rappelle fort les mœurs des Sioux et des Hurons. Pour l'état politique, la ressemblance est plus grande encore. La maison commune du clan ossète est fort analogue à c la longue maison > du clan iroquois. Pourtant les barbares peuplades de l'Europe étaient moins souvent nomades, plus souvent agricoles que les Peaux-Rouges. Leurs tribus inclinaient aussi davantage vers la monarchie, mais beaucoup d'entre elles avaient un conseil des anciens, comme les tribus peaux-rouges. L'Europe barbare n'avait fondé aucun grand centre de civilisalion comparable à l'ancien Mexique. Ses principaux Etats se rapprochaient tout au plus de la monarchie des Natchez ou de la républicaine Tlascala. Encore faut-il remarquer que les Indiens de l'Amérique du Nord n'avaient fait aucun emprunt notable aux civilisations étrangères,plusavancéesque la leur,

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