Strabon, Vll, ch. i
le corps des guerriers que si la communauté les reconnaissait dignes de cet honneur. On le leur conférait à l'occasion d'une assemblée générale, en présence de laquelle leurs pères ou parents leur confiaient solennellement un bouclier «tuneframée^
Quoique républicaine encore, la tribu germaine était déjà sur le chemin de la monarchie, puisqu'elle se différenciait en nobles, hommes libres et esclaves. Mais les esclaves n'étaient pas attachés à la pei^onne du maître ; ils n'avaient aucun emploi domestique ; c'étaient plutôt des colons, qui avaient leurs habitations particulières et payaient seulement à leur propriétaire une redevance en blé, bétail, vêtements, etc. Le maître ne s'occupait guère de ses esclaves ; rarement il les maltraitait, mais pourtant il avait sur eux droit de vie et de mort et, s'il lui arrivait de les tuer dans un moment de colère, il n'encourait pour cela aucune peine MJn homme libre avait le droit d'aliéner sa liberté; assez souvent il la risquait au jeu ; car les Germains, comme tous les barbares, étaient passionnés pour les jeux de hasard. D'ordinaire le gagnant ne gardait pas les esclaves de cette catégorie ; il trouvait plus sûr de les vendre^
La classe supérieure se composait, en Germanie, soit d'hommes ayant rendu de grands services, soit de leurs descendants. Ces personnages étaient toujours riches; d'ailleurs les cités gratifiaient ordinairement leurs principaux citoyens, leurs chefs, de dons en troupeaux et en grains*. Ces princes, par droitde conquête ou de naissance, s'entouraient de compagnons, à chacun desquels ils octroyaient un cheval, une fraraée, surtout le droit de vivre à leur table, grossièrement
J. Cer mania, XIII.