‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 416 sur 538 · trf., XXIV · texte numérisé non relu

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mais abondamment servie. Mais, pour jouer ce rôle de chef, il fallait être un guerrier éprouvé et encore dans la force de Tâge. Les compagnons du chef, ses gardes, se faisaient un point d'honneur de lui être dévoués jusqu'à la mort et celuici à son tour se piquait d'être le plus hardi d'entre eux. Le bulin guerrier pouvait seul alimenter la grossière magnificence du chef ^ — Les chefs exerçaient une sorte de gouvernemenl; ils décidaient les petites affaires ; mais l'assemblée générale des hommes en armes avait, seule, qualité pour trancher les grandes. Néanmoins ces questions d'intérêt général, ellesmêmes, étaient discutées par les chefs avant d'être soumises à la décision du peuple. On se réunissait en assemblée générale à des jours marqué^, soit à la nouvelle, soit à la pleine

lune, mais il fallait ordinairement deux ou trois jours pour que l'on fût en nombre; alors seulement la séance s'ouvrait; on y assistait en armes et les prêtres en faisaient la police. Toujours le sujet de la délibération était exposé par un chet illustre ou âgé, qui ne prenait point un ton d'autorité, mais tâchait de persuader ses auditeurs. Si l'assemblée approuvait la proposition, elle agitait ses framées; sinon elle exprimait sa désapprobation par des murmures ^

Telle était l'organisation politique de la plupart des tribus germaines, à l'époque des empereurs romains; elle ressemblait assez à celle de la tribu grecque aux temps homériques, sauf qu'il n'y avait guère encore de chef franchement monarchique. Pourtant quelques tribus germaniques avaient décidément adopté le régime monarchique. Ainsi, nous dit Tacite, les Suiones obéissaient, littéralement, à un roi, qui avait réussi à leur imposer un désarmement général. Toutes les armes de la tribu étaient déposées et renfermées en lieu sûr sous la garde d'un esclave. Les Suiones

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