‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 42 sur 538 · L. Buchner, loc. cit · texte numérisé non relu

L. Buchner, loc. cit

sont surtout défensives et elles ont parfois à les faire contre les fourmis, leurs émules '. Du reste même division du travail social. Vingt ou vingt-cinq mille abeilles stériles unissent leurs efforts pour protéger une seule femelle, la pseudoreine, et faire tourner sa fécondité au mieux de Tassociation. Comme chez les fourmis, la femelle progénitrice est le centre, la raison d'être de la république. Ses nombreux enfants sont pieusement recueillis par les ouvrières, nourrices stériles, qui ouvrent la coque des nouveau-nés et les soignent avec sollicitude jusqu'à ce qu'ils soient en état de voler ou de vaquer aux fonctions sociales auxquelles ils sont destinés ^

Le grand souci des laborieuses abeilles est d'élever les jeunes en aussi grand nombre que possible. Nous retrouvons la même préoccupation dans bien des sociétés humaines, sorties de la sauvagerie, mais encore dans le stade dit barbare, et nous voyons au contraire les civilisations les plus raffinées décliner,dès qu'on s'y désintéresse par trop decedevoir primordial. — Dans la ruche comme dans la fourmilière, la mort de la femelle progénitrice équivaut à la ruine de la cité. Pour les abeilles, comme pour nos écrivains pessimistes, le présent est sans valeur dès qu'il est sans avenir, c Lorsque, dit un observateur, la femelle fondatrice vient à être tuée ou à périr au dehors par un accident, la colonie diminue rapidement et ses habitants, qui perdent alors une grande partie de leur activité, disparaissent peu de temps après l'éclosion des dernières nymphes renfermées dans les cellules ^. »

Mais, aussi longtemps que la république est prospère, Tentrain, l'activité des citoyennes ne se démentent jamais

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