‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 422 sur 538 · Ihid · texte numérisé non relu

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Letourhbau. — L'Évolution politique. 37

dernier reste des antiques libertés. Les royaumes, qu'ils se taillèrent assez capricieusement dans le grand cadavre de l'empire romain, se transmettent tout simplement par hérédité, comme des propriétés personnelles et c'est seulement à défaut d'héritier qu'intervient rélection. Grégoire de Tours constate tranquillement cette transmission héréditaire : € Childéric étant mort, son fils Clovis régna à sa place ^ » A propos du petit royaume de Cologne, le même chroniqueur met dans la bouche de Clovis s'adressant au roi Sigebert les paroles suivantes : c Tu vois, ton père se fait vieux; s'il venait à mourir, le royaume te reviendrait de droit^' » De même Grégoire de Tours dit encore, parlant de la succession de Clovis : « Clovis étant mort, ses quatre fils prennent le royaume et se le pai*tagent entre eux^ » — Le principe d'hérédité monarchique était déjà si solidement établi, chez les Francs des Gaules, que des enfants en bas âge héritaient du trône sans encombre. Childebert surcéda à son père Sigebert à l'ftge de cinq ans. A la mort de Chilpéric, son fils Clotaire II, âgé seulement de quatre mois, hérita du trône palernel\ L'autorité royale est si bien assimilée à un patrimoine ordinaire, que celui qui la détient la peut léguer ou partager à son gré. Ainsi le roi Contran dit à son neveu Childebert : « Je te donne tout mon royaume ; mes provinces seront à toi, comme un bien propre. Prendsles sous ta puissance; c'est toi seul qui seras mon héritier. Je déshérite tous les autres. » Et après avoir ainsi parlé, il lui mit une lance dans la main, comme symbole de possession^ Qui peut le plus peut le moins. Le roi, qui avait le droit déléguer son royaume après sa mort, avait à fortiori

J. Grég. de Tours, Hi$t.y II, 27.

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