Germania
perdu soa ancienne signification, mais s'était, dans la forme, conservée sans altération. Sigebert fut ainsi intronisé près de Vitry. Au milieu d'un vaste cercle de Francs en armes, quatre guerriers soulevèrent le nouveau roi sur un bouclier, à la hauteur de leurs épaules, et lui firent faire trois fois le tour de rassemblée. Les seigneurs suivaient et la foule des hommes armés entourait le nouveau monarque, en frappant les boucliers du plat des épées ^
Quoique Tacite ne parle pas de la prestation de serment au chef élu, cette formalité devait cependant se pratiquer en Germanie, puisque nous l'avons retrouvée en usage chez les Scandinaves. Les rois francs, monarques par droif. de naissance ou d'héritage, conser\'èrent soigneusement la coutume du serment, qui ne pouvait que consolider leur autorité. En montant sur le trône, le roi franc recevait, lui-même et tout d'abord, le serment de fidélité prêté par ceux qui étaient autour de lui; puis il parcourait les provinces pour recueillir d'autres serments, exactement comme le faisait le roi élu de la Scandinavie; enfin des fonctionnaires recevaient le menu fretin des serments, ceux de la foule, ceux des cités. Francs et Romains, tout le monde jurait entre les mains du même fonctionnaire et sur les mêmes reliques ^ En effet le serment religieux découlait tout naturellement de la prétention, émise par le monarque franc, de tenir son pouvoir de Dieu lui-même. Les rois francs avaient donc conservé des anciennes coutumes germaines toutes celles qui pouvaient fortifier leur autorité, celles-là seulement, et ils y avaient associé diverses pratiques impériales, toutes celles qui favorisaient le pouvoir absolu. En effet la monarchie franque avait tous les caractères d'une monarchie sans contrôle.