‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 44 sur 538 · V. — LES SOCIÉTÉS ANIMALES ET LES SOCIÉTÉS HUMAINES · texte numérisé non relu

V. — LES SOCIÉTÉS ANIMALES ET LES SOCIÉTÉS HUMAINES

En résumé, Texcursion sociologique que nous venons de faire dans le monde animal met en relief quelques données générales, en contradiction avec divers à priori, promulgue s dans nombre de traités politiques et très généralement admis sans conteste. Nous sommes maintenant en mesure de formuler ces importantes propositions; les voici :

l"" La complication, le degré de perfection des sociétés n'est point en rapport nécessaire avec le développement de l'intelligence.

2** Le degré de perfection sociale n'est point en corrélation avec celui de la perfection organique, avec la place occupée dans la hiérarchie anatomique.

3* 11 y antagonisme entre l'instinct familial et la formation de grandes sociétés animales.

A" Pour la fondation et le maintien des grandes sociétés animales ce qui importe, ce qui peut suppléer à de graves imperfections organiques, à la faiblesse relative de l'intelligence, c'est Texislence de l'altruisme, le souci dominant de l'intérêt public, l'oubli des intérêts individuels.

Ces quatre propositions sont évidemment susceptibles d'une large application à la sociologie humaine.

L£S SOCIËTÉS ANIMALES. ^

Quant aux diverses Tonnes de sociétés observables chez les animaux, nous les pouvons aussi rapprocher des nôtres, je veux dire des types sociaux existant dans Thumanité. 11 faut écarter au préalable les clubs, les assemblées temporaires, comme celles des corneilles se réunissant pour babiller, des chimpanzés pour se donner de bruyantsconcerts ^, des loups se groupant en meute pour chasser. Négligeons aussi les petites sociétés purement familiales, se dissolvant dès que les jeunes sont élevés et la saison des amours passée. — Ce premier triage fait, nous voyons que la forme sociale la plus fréquente chez les animaux, spécialement chez les vertébrés, c'est la horde despotique, ce qu*Aristote regardait comme la déviation de la royauté S ce que les écrivains grecs ont appelé la tyrannie, c'est-à-dire l'asservissement du groupe social aux insolents caprices d'un mailre. Nous savons et nous verrons combien ce genre de monarchie est commun dans l'humanilé. Avec bien de la vérilé, un poète a pu dire :

Un vieux penchant humain mène à hi servitude ^.

C'est plus qu'un penchant humain; c'est un héritage des ancêtres animaux.

Le gouvernement aristocratique se rencontre chez les fourmis esclavagistes, mais il ne dégénère jamais en sa forme inférieure, Voligarchiey comme il arrive si souvent dans les sociétés humaines. Enfin la forme républicaine, égalitaire et sans ' abus tyranniques, a été réalisée par certaines espèces d'oiseaux et surtout par les fourmis non esclavagistes et les abeilles.

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