‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 446 sur 538 · Rambaud, loc. ciL · texte numérisé non relu

Rambaud, loc. ciL

comme honorable de servir d'écnyer au suzerain^ de porter les plats sur sa table, de découper les viandes devant lui, même de préparer les sauces à sa cuisine ^ Quelles que pussent être les conditions mises à la concession du fief, le vassal les devait exécuter : c qui fief nie, fief perd >, dit un adage féodal.

Dans les premiers temps, quand la hiérarchie féodale était peu ou point organisée encore, le vassal ne dépendait guère que de son suzerain immédiat, l'autorité royale s'était simplement morcelée. Bien plus tard même, le seigneur, à la seule condition de s'acquitter des obligations inhérentes à son fief, était dans son domaine une sorte de petit roi. Longtemps celte indépendance locale se maintint dans les provinces excentriques. Montaigne dit encore à ce sujet : c Voyez aux provinces éloignées de la cour, nommons Bretagne par exemple, le train, les sujets, les officiers, les occupations, le service et cérémonies d'un seigneur retiré et casanier, nourri entre ses valets et voyez aussi le vol de son imagination : il n'est rien de plus royal ; il oyt parler de son maître une fois l'an, comme du roi de Perse... Qui se veut tapir en son foyer et sait conduire sa maison sans querelle ni procès y est aussi libre que le duc de Venise. »

Le précieux code féodal, connu sous le nom d'Assises de Jérusalem, nous renseigne exactement sur les droits et devoirs du feudataire et du suzerain, comme on les entendait au XII' siècle; j'en citerai quelques articles : c Si le prince est fait prisonnier, il peut donner de ses liges en otages jusqu'à ce qu'il ait réalisé sa rançon. Une fois l'argent réuni, il doit les retirer ou les remplacer par d'autres. Dans aucun cas, il ne peut les donner, comme otages, malgré eux (art. 15). » — « Quand un fief rentre dans la main du

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