Cibrario, loc. cit.f
Hères, par exemple, à ferrer le cheval du seigneur, quand celui-ci venait à leur habitation, à lui procurer du gibier rare ou desépices, à lui préparer un lit complet, etc. ^ Ordinairement aussi les censitaires devaient le service militaire comme fantassins, et jusqu'au xiv« siècle on n'admit pas le rachat de ce service ^ Ces censitaires étaient souvent les descendants des litif lidi^ leuii germaniques.
L'organisation féodale comportait, sous une physionomie générale partout analogue, de très nombreuses différences locales. Les lois et coutumes, les droits et les devoirs variaient d'un pays à l'autre, d'un district à l'autre, et toujours une marge considérable était laissée à l'arbitraire des puissants. Les institutions valent partout ce que valent les hommes et cette vérité banale est surtout applicable au régime médioéval. Dans les districts écartés, loin des grandes villes, le seigneur pouvait agir et agissait souvent en monarque absolu '.
Au cours des siècles pourtant, ce triste état social s'amenda lentement et surtout parce que les classes privilégiées y trouvèrent leur intérêt. Bien souvent j'ai signalé les méfaits de l'argent. On lui doit pourtant aussi quelques bien* faits. Les seigneurs virent que des redevances, suffisamment lourdes, mais bien calculées, pouvaient rapporter plus que des taxes arbitraires. Or, l'industrie se développait et l'argent devenait une puissance. On se mit donc avec ardeur à transformer les taillables à volonté en taillables abonnés ou francs. Ce n'était pas encore, il s'en fallait, la liberté ; mais ce n'était plus pourtant le dur servage des premiers siècles. Dès le xir siècle, en Normandie, il n'y avait plus guère de servage*;