Rambaud, loc. cit. y
et la rérorme se généralisa, du moins en France, où la royauté prit la tête du mouvement. En 1315, Louis X affranchit par une ordonnance tous les serfs du domaine royal, proclamant que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc et que notre royaume est nommé le royaume des Francs ^ » C'était un jeu . de mots sans doute innocemment fait. Néanmoins, et sans beaucoup se soucier d'humanité, rois et grands seigneurs se mirent dès lors à créer des villes franches, des villes neuves, où ils attiraient les serfs des voisins. Mais les /rancfctses, aux termes mêmes de Tédit de Louis X, ne devaient se donner qu'à bonnes et convenables conditions^ c'est-à-dire moyennant une rançon dont le taux variait de 35 à 90 livres; après quoi le serf affranchi devait acquitter encore ce qu'on appelait les tailles de manant. Le roi faisait donc une profitable spéculation en ouvrant boutique de libertés. Aussi en 1358 une ordonnance de Philippe le Long imposa d'ofûce Taffranchissement et transforma les serfs royaux en contribuables \
Pour devenir bourgeois du roi^ de Philippe le Bel, il suffisait de déclarer qu'on désavouait son ancien seigneur et qu'on avouait le roi. Tout le monde imita plus ou moins vite la fructueuse opération réalisée par le roi , aussi bien les communes que les seigneurs laïques. L'Église, seule^ s'y montra rebelle et elle maintint, en France, les derniers vestige» du servage jusqu'à la veille de la Révolution.