‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 454 sur 538 · A. Thierry, Conque le de V Angleterre, II · texte numérisé non relu

A. Thierry, Conque le de V Angleterre, II

vendre lesdenréeSy d'oulrager femmes el filles ^ Le despote normand outra encore les privilèges des droits de chasse, si prisés dans la féodalité barbare. Pour avoir tué un cerfy une biche, même un sanglier, même un lièvre, le délinquant avait les yeux crevés. « Ce roi féroce> dit un vieux texte, aimait les bêtes féroces, comme s'il eût été leur père'. » 11 détruisit soixante paroisses entre Salisbury et la mer et en expulsa les habitants pour transformer le territoire en terrain de chasse ^ Une armée de forestiers, verdiers et regardeurs royaux, surveillait et défendait le gibier du roi.

Au-dessous de la noblesse, les bourgeois, les hommes dits libres, furent soumis à la taille. Chacun eut, pour le suzerain, une valeur déterminée ; les seigneurs se les vendaient, donnaient, prêtaient, même ils se les partageaient. On nous dit, par exemple, que Hugues de Corbon avait usurpé sur Roger Bigot la moitié d'un Anglais libre : le taillable était tenu pour une espèce de monnaie ^

La royauté féodale avait été dans le principe fort différente de l'empire administratif de Rome ; mais elle s'efforça sans cesse d'y revenir. Longtemps les rois de France eurent un train de maison modeste, ne différant guère de celui de leurs grands vassaux; mais quand ils furent devenus de très puissants personnages, on les vit reprendre peu à peu la tradition du Bas-Empire. Sous Philippe le Bel, l'administration rompit nettement avec les habitudes féodales. Les sénéchaux et baillis rassemblèrent les hommes du roi, recueillirent les revenus du roi et n'eurent d'autre supérieur et juge que le monarque lui-même : c Si vous savez, dit une commission

Page 1