Ibid,, II
donnée à l'un d'eux, que messeigneurs de l'Eglise fassent aucun abus, vous en devez avertir le roi; si messeigneurs les nobles veulent faire aucune force, vous ne le devez pas souffrir et si messeigneurs les avocats veulent manger le peuple, vous devez faire belles informations et les envoyer au roi . » La cour du roi se démembra bientôt en un Grand conseil dirigeant les affaires administratives et politiques, en une Chambre des comptes, surveillant la gestion financière des baillis, et en un Parlement, ou cour de justice souveraine ^ Une fois le mouvement lancé, il ne s'arrêta plus. On était parti des Capétiens, simples seigneurs féodaux, bridés par leurs pairs et grands vassaux; on aboutit à Louis XIV, ayant presque toutes les prérogatives d'un empereur romain, c Les rois, dit Bossuet, sont des dieux et ils participent en quelque sorte de l'indépendance divine. » C'est l'épanouissement plein et entier de l'idée et du pouvoir monarchiques; mais depuis longtemps déjà le roi était regardé comme un être d'une essence supérieure. Ainsi, lorsque Henri II fut mortellement blessé par la lance de Montgomery, « on print, dit un chroniqueur, quatre accusés aux basses geôles du Châtelet et ils furent soumis à semblable blessure, afin qu'elle put être étudiée à l'aise et la cure étudiée à loisir ». Mais parallèlement à l'autorité royale, une autre puissance, bien modeste d'abord» était née : c'était celle des communes.