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Erskine May, Democracy in Europe, II

45e L'ÉVOLUTION POLITIQUE*

défendait de son mieux; elle avait m6me ses magistrats chargés de surveiller le gouvernement de la ville ^ Avec les paysans du domaine communal, les bourgeois ne se gênaient pas plus que ne le faisaient les barons et ils les traitaient souvent fort cruellement*.

Les corporations industrielles avaient aussi leur hiérarchie intérieure et de minutieux et tyranniques règlements. Elles avaient leurs apprentis, leurs compagnons, leurs maîtres. Le nombre des apprentis était limité; il ne devait y en avoir qu'un par homme du métier. En outre, pour devenir apprenti, il fallait être bourgeois ou (ils de bourgeois, en6n payer une redevance ila ville'. La maîtrise 0nit par devenir inaccessible au plus grand nombre et il se forma un prolétariat industriel. Ces gens de métier inspirèrent des craintes. On leur interdit de se réunir, de porter des armes, même leurs outils, excepté pour aller au travail, de convenir d'un règlement, etc., le tout sous des peines très sévères : énormes amendes, perte du métier, prison, bannissement perpétuel. Le seul fait d'être sans ouvrage rendait passible du bannissement *. Des règlements avaient pour but d'égaliser la situation des fabricants, d'empêcher la concurrence, de maintenir le niveau de la fabrication, de s'opposer à toute fabrication hors de la ville, etc. ^.

Dans beaucoup de communes, les corporations industrielles acquirent une grande puissance. Dans certaines, elles opprimèrent à leur tour la noblesse. A Florence, les seigneurs durent demander, comme une grâce, leur inscription dans une corporation ; le titre de grand devint

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