Finlayson, Hist. univ. voy., vol. XXXIV
m. — l'impôt dans les grandes monarchies barbares
De toutes les grandes monarchies barbares les plus archaïques dans la forme, les moins éloignées de la sauva- 11,'erie, ont sûrement été les États de TAmérique centrale, le Pérou, le Mexique, etc. Au Pérou, il n'y avait, à vrai dire, aucun impôt. L'Inca, grand propriétaire du sol et des habitants, administrait, comme on dirige une grande exploitation agricole et pastorale. L'Etat péruvien s'emparait de tous les produits à charge d'en faire une distribution judicieuse entre les individus. Tout entrait dans les magasins publics; tout (^n sortait; tout se faisait par réquisitions et corvées. C'était la centralisation monarchique et socialiste poussée à l'extrême; maisl'Inca ne pensait pas seulement à satisfaire ses besoins et ses caprices; son despotisme était animé d'intentions humanitaires, et par là le Pérou se distingue avantageusement de la plupart des autres grandes monarchies barbares. Mais il est clair qu'avec une pareille organisation il ne saurait être question de taxes, de droits, de redevances, puisque le pouvoir central prend tout et dispose de tout.
Avec l'organisation féodale de l'ancien Mexique, il en va tout autrement; les droits et devoirs de chacun sont déterminés suivant la place occupée dans le casier social. La couronne, la noblesse, les communautés urbaines ou villageoises ont leurs domaines propres et même cadastrés. Certains fiefs aristocratiques ne payaient à la couronne qu'un tribut symbolique de fruits et de fleurs, à titre d'hommage *. D'autres étaient grevés de sérieuses redevances. Le menu peuple rural payait en nature des taxes énormes,