W. Prcscott, Conquête du Mexique, I
équivalant à environ un tiers du revenu et perçues avec une extrême rigueur. Les industriels fournissaient des produits de leur travail; les marchands, une partie des objets dont ils faisaient commerce. Les prolétaires sans ressources ni propriété, n'ayant rien que le fisc pût prendre, s'acquittaient en corvées*. Les nobles eux-mêmes payaient de leur personne, puisqu'ils devaient le service militaire. Le montant des taxes pouvait évidemment varier suivant le caprice du souverain, puisqife, pour subvenir aux fastueuses dépenses de sa cour, Moctézuma les porta à un taux assez énorme pour mécontenter une population très asservie pourtant au joug monarchique \ L'on voit aussi apparaître, au Mexique, un nouveau genre d'impôts, qui tient une grande place dans les ressources fiscales de beaucoup de monarchies barbares; ce sont les tributs imposés aux pays voisins, vaincus et non conquis ou ayant évité la conquête par une soumission volontaire. Au Mexique, ces tributs prenaient la forme polie de dons soi-disant spontanés, ofTerts de temps en temps au roi^. Les États indépendants, voisins du Mexique, étaient organisés à peu près de la même manière au point de vue de l'impôt. A Tlascala, république féodale, les seigneurs suzerains percevaient des redevances, comme le faisait la couronne au Mexique *. A Texcuco, la cour était entretenue à tour de rôle par certains districts, fournissant des tributs dont la nature était déterminée d'avance \ Dans TYucatan, une part du sol était affectée à l'entretien du seigneur et le populaire la labourait en commun, comme cela se faisait au Pérou pour les terres de l'Inca^.