‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 475 sur 538 · Mayeux, les Bédouins^ ÏII · texte numérisé non relu

Mayeux, les Bédouins^ ÏII

des Arabes nomades payent à leur cheik une capitation personnelle, des droits de pâture ou de culture. Sur ces ressources, la cheik acquitte la redevance exigée par le gouvernement persan ^ Enfin, dans la tribu arabe, certains artisans éminemment utiles, comme le forgeron, le cordonnier, non seulement sont exempts d'impôts, mais reçoivent même des particuliers, en échange de services gratuits, des coutumes en nature '.

Ce système date évidemment delà période antéislamique; il n'est compatible qu'avec l'existence très simple des Arabes nomades; aussi s'est-il beaucoup modifié dans les grands Etats fondés par les princes de l'Islam. Ladlme a persisté; les musulmans la tiennent même comme étant d'obligation divine. Précédemment j'ai énuméré les taxes et impôts établis par les conquérants arabes : 1* le feiy bien indivis, acquis à l'Islam tout entier ; 2o le kharâg^ payé parles terres conquises sur les infidèles ; S* le butin guerrier, dont une part revient aux pauvres, aux orphelins, aux voyageurs, au trésor public et est destinée à subvenir aux dépenses d'utilité générale. Les princes abusèrent de leur pouvoir, en Arabie comme ailleurs. Mahomet lui-même s'arrogea, par permission di* vine, le droit de distribuer à son gré les dépouilles, en se réservant le gmnt, la portion de Dieu^ Les colons infidèles furent taxés à des redevances montant à la moitié et même aux deux tiers de la récolte \

En Judée, comme en Arabie, le système d'impôts dégénéra avec rétablissement de la monarchie ; auparavant même, la théocratie avait suffi à le vicier. Les lévites percevaient la dime sémitique et de plus les prémices, le droit du premier-

1. F. Houftsay, Souvenin d*un voyage en Perse {Revue des Deux MondeSt 1887).

Page 1