Cook (troisième voyage), Hist. univ, voy., vol. IX, tHt
polynésienây ayant évolué isolément, n'avaient point au moment de leur découverte atteint un même degré de civilisation. A la Nouvelle-Zélande, les mœurs guerrières étaient identiques à celles des Mélanésiens avec lesquelles Maoris s'étaient mélangés. La guerre était atroce. On dépeçait le vaincu sur le champ de bataille même, parfois avant de l'achever ; mais c'était là un Irait de sauvagerie extrême, spécial aux Néo-Zélandais. Partout ailleurs en Polynésie, on se contentait d^exterminer les vaincus, hommes et femmes. Quelquefois pourtant ces dernières, quand elles étaient jeunes, obtenaient merci, en s'adressant à la sensualité des vainqueurs ; pour cela elles déchiraient leurs très légers vêtements de papier et s'offraient toutes nues. Dans ce cas, on voyait parfois les jeunes guerriers hésiter entre la soif du carnage et celle de la volupté, puis frapper quand même, mais en détournant la tète ^ A Noukahiva, on achevait les blessés et l'on teignait dans leur sang les lances» qui acquéraient alors une grande valeur et étaient même désignées parle nom de l'homme qu'elles avaient servi à tuer*. A Taîti, on scalpait le menton plus ou moins barbu du vaincu pour en faire un trophée^ Néanmoins et si féroce que fût encore la guerre en Polynésie, elle était moins ignoble que chez les Papous. Les embûches y jouaient un rôle moins capital. Souvent on s'attaquait en rase campagne, ou bien dans des batailles navales, où les combattants luttaient corps à corps sur les plates-formes des doubles pirogues; il n'était pas rare de voir des défis d'homme à homme suivis à. la manière homérique de combats singuliers, livrés entre les deux troupes en présence *. Dans l'archipel Havaî, l'un des