‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 493 sur 538 · Mœrenhout, loc. cit · texte numérisé non relu

Mœrenhout, loc. cit

plus civilisés, des pratiques humanitaires mitigeaient déjà Thorreur de la guerre. Il y avait des lieux de refuge indiqués par des drapeaux et où les femmes, les enfants, même les guerriers vaincus trouvaient au besoin un asile respecté ^ On pouvait demander et obtenir la cessation des hostilités, en arborant des branches vertes, surtout celle du piper kava^j d'où Ton tirait Tenivrante boisson qui sanctionnait les traités d'alliance.

Les guerres polynésiennes étaidnt d'ailleurs incessantes. Chaque tribu rêvait d'exterminer ou au moins de piller ses voisines. Cook rapporte que chaque village havaien le venait prier d'en détruire un autre. Aux Marquises, les montagnards faisaient irruption dans la plaine pour razzier les fruits de l'arbre à pain, tandis que les gens de la plaine donnaient l'assaut à la montagne pour s'emparer des bananes du musa féhP. Il y avait pourtant d'autres motifs de guerre que la soif de rapine, par exemple des enlèvements de victimes pour les sacrifices, des insultes, des rapts, etc. *. Mais les chefs noukahiviens n'avaient pas encore le droit de paix ou de guQrre ; il leur fallait décider ces importantes questions dans les assemblées de leurs principaux vassaux ^; pourtant les suggestions et propositions guerrières étaient presque toujours accueillies avec empressement. A la Nouvelle-Zélande, on visait surtout à conquérir et à défendre la tète des chefs et ces têtes, une fois coupées, étaient soigneusement préparées et conservées comme de glorieux trophées. C'est là encore une coutume propre, en Polynésie, aux Néo-Zélandais et qui doit avoir une origine papoue \

i. Mœrenhout, loc. cit., II, 38.

2. Wallis, Hist. univ, voy., vol. III, 328. — Cook, ibid., vol. VIII, 1916.

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