‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 50 sur 538 · Darwin, Voyage d'un naturaliste · texte numérisé non relu

Darwin, Voyage d'un naturaliste

pari; aucun individu ne peut devenir plus riche que son voisin*. > L*un defe plus récents voyageurs à la Terre de Feu, le D' Hyades, dit aussi : « Il n'y a, chez les Fuégiens, ni roi, ni chef, ni aristocratie» ni castes, ni hiérarchie sociale, ni esclaves : c'est le régime de l'égalité dans toute sa pureté ^ »

On est donc ^ondé à admettre que les Fuégiens n'ont aucune organisation sociale, néanmoins on en peut trouver comme Fembryon dans un certain degré d'autorité morale accordée aux vieillards. Les jeunes gens acceptent ordinairement, comme une loi, les paroles d'un homme âgé^, et, en temps de disette, ce sont les vieillards qui distribuent aux membres affamés de leur horde les tranches de baleine morte rapportées quelquefois par les jeunes hommes envoyés en éclaileurs. Or, nous verrons bientôt que, dans nombre de tribus sauvages, les vieillards siègent de prérérence dans les conseils et y jouent un rôle important. Néanmoins la horde fuégienne est encore un bel exemple d'anarchie primitive, et il en faut prendre bonne note, car les faits du mcme genre sont assez rares dans l'humanité actuelle. Ajoutons que cette horde nomade revendique déjà la propriété d'un certain territoire de chasse et de pêche. Ce district, ce rudiment de patrie, est relativement vaste, mais les hordes sont séparées les unes des autres par de larges espaces neutres et déserts', tout à lait analogues à ce qu'on appelait marches dans la Germanie ancienne.

Divers autres spécimens de cet état anarchique des premiers hommes se retrouvent encore çà et là à la surface do notre globe et peuventêlre considérés comme des survivances d'une phase primitive, qui a dû être commune à toutes les

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