‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 501 sur 538 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

fourneau d'une pipe allumée^; on brûlait avec des i&stru^ ments rougis au feu diverses parties de son corps'; puis on coupait et parfois on mangeait un morceau de cette chair ; ou bien encore on revêtait le patient d'une sorte de chemise en écorce de bouleau â laquelle on mettait le feu. Parfois on pratiquait sur la victime une série de désarticulations; plus souvent, après l'avoir scalpée, on faisait pleuvoir des char- . bons ardents sur son crâne sanglant et dénudé. Pendant ce supplice intentionnellement allongé, le patient entonnait son chant de mort, menaçait et insultait ses bourreaux. Quand on lui laissait quelque répit, il causait tranquillement de choses et d'autres et mettait son honneur à ne donner aucun signe de souffrance ^ On a vu des prisonniers être rais dans la chaudière et ensuite cuits et mangés dans un grand festin *.

Aux reproches que leur faisaient les Européens à propos de leur férocité, les Peaux-Rouges répondaient, au dire de Lahontan, c qu'on ne se venge pas de ses ennemis en les égorgeant, mais en leur faisant souffrir des tourments longs, âpres, aigus ; que» s'il n'y avait que la mort à craindre dans la guerre, les femmes la feraient aussi librement que les hommes' ».

Pourtant ces Indiens, si farouches, avaient, quand ils voulaient faire la paix, des pratiques civilisées. Ils envoyaient, pour cela, aux ennemis, en plein jour et ostensiblement, deux ou'trois jeunes chefs portant les calumets sacrés. La personne de ces hérauts était ordinairement respectée^.

U Lafitau, loc, cit. y IV, 4.

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