‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 52 sur 538 · La Pérouse, Hièt, univ, voy., t. XII · texte numérisé non relu

La Pérouse, Hièt, univ, voy., t. XII

A. Histoire du Kamtschatka, 226. — Rink, Taies and trad. of the Esq, 5. Voir mon Evolution de la propriété^ 69.

de faire ce rude métier. L'association ne tolère pas chez elle de membre inutile. Il faut concourir à Fentretien du groupe aussi longtemps qu'on est d'âge à le faire, à tout le moins jusqu'au moment où l'on a un fils en état de succéder à son père*. Un étranger désire-t-il entrer dans l'association? II ne peut être admis qu'après délibération et avec le consentement général : on a horreur des bouches inutiles*. — La plupart des petits groupes, des clans esquimaux vivent sous le niveau le plus égalitaire. Ce sont des associations d'hommes libres, qui ne tolèrent pas de tyrans parmi eux\ c C'est avec une extrême difficulté, dit Parry, en parlant des Esquimaux, que ces gens parvinrent à se former une idée de la supériorité hiérarchique de quelques-uns de nous et ils mesuraient notre importance respective au degré de richesse qu'ils supposaient àchacun\ » Aucune autorité chez eux en dehors de celle des parents et des maris. En traduisant leurs livres sacrés en esquimau, les missionnaires ont dû inventer un terme spécial, nollegak^ pour rendre les mots c maître, seigneur > sans équivalents dans la langue des indigènes*'. Aucun d'eux n'estinvesti d'un pouvoir politique quelconque; on a seulement une certaine déférence pour tel ou tel vieillard, qui est habile chasseur de phoque ou expert dans l'art de prédire le temps®.

Cette anarchie primitive est habituelle chez les Esquimaux ; ils en sont Qers et s'appellent par excellence c les hommes » {Innuil); elle n'est pourtant pas universelle, puisque Ross a rencontré des Esquimaux qui se déclaraient sujets d'un ironarque : c ils reconnaissaient, dit-il , tous pour roi Tolo-

Page 1