H. Spencer, V Individu contre VÈlat
LES PHASES DE LfÉVOLUTION POLITIQUE. 535
pouvoirs que, de manière ou d'autre, celle-ci reconnaît ne pas posséder*. Comment se pourrait-il que des représentants désignés par le peuple souverain, pussent logiquement créer des droits pour les membres de ce peuple qui, lui, a créé le gouvernement* ? Le droit divin des parlements n'est, continue encore le philosophe anglais, que le droit divin des majorités; mais la limitation réciproque est la seule raison des restrictions qui s'imposent aux hommes réunis en société\ Dans une nation où le peuple gouverne, l'Etat ne peut être qu'un simple comité d'administration*; le régime des contrats librement débattus a succédé à celui de l'État autoritaire, engendré par de longues périodes de guerre et que, seules, les mêmes folies sanglantes pourraient restaurer^ Le droit des majorités n'est donc logiquement valable que sMl a pour objet la réalisation de desseins définis, acceptés par la majorité des électeurs®.
Suivant un autre sociologiste, Ed. de Laveleye, qui, lui non plus, n'a rien d'un démagogue, le régime représentatif est un reste de l'ancienne féodalité et il aurait dû succomber avec elle sous les coups de la Révolution française. Ce régime avait sa raison d'être, lorsqu'une société était un composé de corporations, donnant à leurs députés un mandat déterminé. Il n'en a plus avec le pouvoir indéfini et illimité qui lui est accordé par notre parlementarisme actuel. Dans nos parlements, le délégué ne représente réellement que lui-même. Il peut dire < oui » là où ses commettants auraient dit ^ non }»^.