H. Spencer, l'Individu contre VÉiai
arrivée dans la capitale, qu'ils venaient défendre. Combien de fois aussi avons-nous eu le triste spectacle de malheureux ouvriers, empoisonnés par le plomb ou le phosphore, les uns se tordant dans les atroces coliques saturnines; les autres atteints de Thorrible nécrose phosphorée, uniquement parce que les pouvoirs publics avaient négligé de prescrire aux fabricants de céruse ou d'allumettes ces règlements d'hygiène contre lesquels s'indigne le sociologiste anglais?
Mais pourquoi s'arrêter en si beau chemin? Pour être l(^ique jusqu'au bout, les doctrinaires de l'individualisme à outrance devraient réclamer l'abolition de toutes les législations pénales, qui entravent la liberté des voleurs et vont jusqu'à supprimer les assassins. Poignarder un homme pour lui prendre sa bourse ou en empoisonner un grand nombre dans des usines homicides où Ton ne s'occupe que du prix de revient des objets fabriqués, ce sont là des actes parfaitement comparables. Lequel des deux est le plus coupable? Ce n'est peut-être pas le premier. Aux singulières théories des sociologistes, à la fois conservateurs et anarchistes, comme H. Spencer, on peut opposer avantageusement l'idée qu'Aristote se faisait déjà de la mission des gouvernements : c L'art social, dit-il, doit avoir pour résultat le plus grand de tous les biens, c'est-à-dire le bien politique ou de la société, la justice, qui n'est elle-même que l'utilité
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Est-ce à dire que les formes de gouvernement parlementaire adoptées par les nations civilisées de notre temps soient parfaites, aussi parfaites du moins que possible, et qu'il soit inutile de chercher à les améliorer? Nullement. Le régime parlementaire mérite évidemment un bon nombre des