‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 62 sur 538 · Laniau, loc. ciL, l\, 21C-216. — Lahontan, Voy · texte numérisé non relu

Laniau, loc. ciL, l\, 21C-216. — Lahontan, Voy

rhôte qui avait donné le festin, aux chefs qui l'avaient présidé; aux jeunes gens qui l'avaient servi ^

Dans ces occasions et en général dans toutes les réunions chaque clan avait sa place déterminée d'avance. De même, dans les migrations, dans les grandes chasses, l'ordre du campement était réglé par la coutume une fois pour toutes, comme dans la castramétation romaine. On se rangeait en cercles concentriques, autour des tentes sacrées et les divers groupes se tenaient à des distances convenues '. Les chefs nommaient quatre directeurs de lâchasse. On s'avançait en corps flanqué d'éclaireurs, qui, ayant découvert les troupeaux de bisons, devaient se rendre à la tente sacrée et dire modestement et dubitativement : c Je puis m'ètre trompe ; mais je crois avoir vu des buffles^ ». L'attaque collective du troupeau signalé se faisait dans un ordre donné et il en était de même du dépècement. Les cœurs et les langues des bisons étaient considérés comme des morceaux sacrés; on les cuisait dans la tente sacrée et ils étaient réservés aux chefs *.

Ces chefs, généralement assez nombreux, puisqu'ils étaient désignés par leurs clans respectifs, n'avaient qu'une autorité fort limitée. Le pouvoir politique résidait surtout dans l'assemblée permanente des guerriers et des anciens. Au siècle dernier, celte curieuse organisation se retrouvait encore intacte chez les Ilurons et les Iroquois, où il y avait des conseils composés de gens mûrs, en nombre indéterminé, puisqu'il suffisait d'avoir l'âge voulu pour devenir un ancien, une sorte de sénateur. La classe des guerriers se composait de tous les jeunes gens en état de porter les armes. Enfin

1. 0. Dorsey, Omaha Sociohgy (Sraithsonian Reports, 188, i8t). 'i, Ibid., 219.

des chefs adjoints secondaient et surveillaient les cheCs principaux, dont je parlerai tout à l'heure ^ Seuls, les anciens avaient voix délibérative. Les chefs se soumettaient à leurs décisions, parlaient sobrement et rarement dans les assemblées, à moins qu'ils ne fussent d'un âge vénérable, c Pensezy, disaient-ils, pensez* y, vous autres anciens; vous êtes les maîtres; ordonnez '. » Les femmes avaient leurs conseils particuliers et donnaient avis aux chefs du sujet de leur délibération, afin que les conseils d'hommes en pussent délibérer à leur tour ^

Chez les Comanches, les conseils s'assemblaient à intervalles réguliers soit pour juger les crimes privés et publics, soit pour voler des lois, que promulguait ensuite un crieur public.

En dehors des assemblées législatives et judiciaires des tribus^, il y avait des assemblées de clan, s'occupant d'intérêts plus restreints, des rapports de clan à clan, décidant, par exemple, ce qu'il convenait de faire quand un clan avait à se plaindre des membres d'un autre clan %

Dans toules ces assemblées, les discours étaient nombreux, véhéments, empreints d'une éloquence naïve, métaphorique. Souvent ils étaient fort longs, aussi, pour ne point perdre le m de leur argumentation, alors que l'affaire était de conséquence, les orateurs se servaient de colliers mnémoniques, composés de grains tirés des coquillages appelés porcelaines {Concha venerea ou cylherea). Avec ces grains disposés sur des lanières d'environ un pied de longueur, on formait des bandeaux à six ou sept rangs. Les grains étaient peints et disposés différemment suivant les cas. Les orateurs se mu-

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