‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 77 sur 538 · Thompson, HUt. univ. voy,, t. XXIX · texte numérisé non relu

Thompson, HUt. univ. voy,, t. XXIX

des Australiens dont j'ai déjà parlé. Mais, en Afrique, ce type social du clan communantaire et de la tribu républicaine ne se retrouve plus. Çà et là, des habitudes communistes, par exemple, la pratique des redistributions périodiques des terres arables, ailleurs l'usage des totems attestent bien Tantique existence du régime des clans, mais il est permis de supposer que cette forme sociale n*a eu dans l'Afrique noire qu'une durée relatîvMieut courte, et que, chez les nègres africains, la tribu républicaine a facilement dégénéré en tribu monarchique. Dans tous les c^s, c'est cette dernière forme d'organisation politique qui domine aujourd'hui depuis la Cafreriejusqu'àlazone équatoriale.

C'est dans les forêts du Gabon, que l'on retrouve encore les survivances républicaines les moins altérées. Là les tribus se subdivisent en clans nombreux, qui s'émieltent en petits villages ayant déjà, chacun, leur chef; mais à côté*de ce chef existe toujours un conseil des anciens. Dans certains villages, ce conseil est chargé de choisir S d'élire le chef, quand le trône devient vacant par la mort du titulaire. C'est très secrètement que le conseil procède à cette élection. Jusqu'au dernier moment le nouveau roi est tenu dans Tignorance de son heureuse fortune et la décision du conseil n'est communiquée à la population qu'après un délai de plusieurs jours^ Dans la plupart de ces tribus pourtant, la souveraineté est déjà héréditaire, en ligne collatérale, le frèresuccédant au frère; mais les anciens ont droit de veto. Us peu^ vent exclure l'héritier consanguin et en choisir un autre, seulement leur décision doit être ratifiée par un plébiscite général. Dans tous les cas, le pouvoir du souverain est borné ; il ne peut trancher que les petites affaires de la vie courante.

1. Du Ghaillu, Voyage dant V Afrique équalorinte, 371. â. Du CliaUu, loc. cit.f 22.

S*il s'agit d'un easu^ bêUi oa da dé^aeemeal du village, les anciens délibèrent publiquement et le peuple proDooce en dernier ressort ^

A l'autre extrémité de la zone tropicale, dans rÂfriqne orientale, on rencontre un régime politique très analogue à celui des indigènes du Gabon. Dans certaines tribas il existe un conseil d'anciens; le chef est électif et il est choisi surtout pour ses qualités personnelles'. Un esclave même peut devenir chef. Mais ce chef élu n*a pas partout le même pouvoir; tantôt ses prérogatives se bornent à s'asseoir sur un tabouret à trois pieds, à être un peu mieux vêtu, surtout à posséder plus deperles et de (ils de laiton que lesautres, c'està-dire â être plus riche ^; tantôt il est déjà un semblant de monarque*.

Au contraire, dans la plupart des tribus de l'Afrique orientale, de Zanzibar aux Grands Lacs, le pouvoir monarchique est complètement institué et ordinairement le chef jouit des privilèges d'un monarque absolu. Souvent aussi son royaume acquiert une certaine étendue; plusieurs tribus lui obéissent. II a des ministres; les chefs de villages lui sont subordonnés, parfois lui forment un conseil ^; quelquefois l'ancien conseil des anciens subsiste encore ^, mais il est subordonné ou même entièrement asservi aux caprices du maître \ Celui-ci règne ordinairement par droit de naissance et souvent par hérédité dans la ligne masculine^. Le cérémonial monarchique commence même à prendre les al-

i. Du GhaiHu, loc. cit., 371-372.

S. Burton, Voy. Grands Lac», 417-GCl.

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