‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 82 sur 538 · U. Spencer, Sociol., III · texte numérisé non relu

U. Spencer, Sociol., III

lueux silence ou chantaient ses louanges. Moffat nous a recueilli Tune de ces flagorneries chantées ^ : c 0 Pezoulou ! roi des rois, roi des cieuxl qui ne tremblerait devant le fils de Machobane, puissant dans les batailles? que sont les puissants de la terre en présence de notre grand roi ? que devient la force des forêts devant le grand éléphant? De sa trompe il brise les branches de la forêt. Tel est le bruit des boucliers du fils de Machobane. Le souffle de sa bouche est sur le visage de ses ennemis, comme le feu qui tombe sur Therbe sèche I Ses ennemis sont consumés devant lui, le roi des roisi Père du feu, il monte dans l'azur du ciel; il envoie ses éclairs dans les nuages et en fait descendre les pluies I Montagnes, forêts, et vous, plaines verdoyantes, écoutez la voix du fils de Machobane, le roi du ciel ! » C'est un bel exemple de délire monarchique, à la fois servile et lyrique.

Sous des formes très variées, avec plus ou moins d'exagé* ration, nous en retrouverons des échantillons dans toutes les monarchies absolues, dans tous les temps et chez toutes les races. En général, et c'est un trait des moins honorables pou r la nature humaine, quelle que soit la couleur de sapeau et la forme de son crâne, l'homme se plie sans trop de peine à la servitude. Il finit même quelquefois par s'avilir avec une sorte d'enthousiasme religieux et aveugle. Comme la plupart des despotes, Mossélékatsi, ce Salomon cafre, célébré avec tant d'hyperbole, était une sorte de bête féroce, ayant désolé, ravagé toute la contrée. Il faisait mettre à mort ses guerriers, quand ils avaient eu le tort de ne pas vaincre % décapiter ses femmes, quand elles se permettaient des observations désai gréables^; il récompensait par un bol de sang frais ceux de

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