‹ L'évolution politique et la révolutionChapitre 9 sur 73 · PETITE INDUSTRIE · texte numérisé non relu

PETITE INDUSTRIE

réussi à se perpétuer, l'Europe ue formait plus, à la veille de la Révolution française, qu'un petit nombre de grands domaines politiques appartenant à des maisons royales ou impériales.

IV. Exploitation de l'État. — Nous venons de jeter un coup d'oeil sur les nécessités qui déterminent le mode de constitution d'un Etat et les mobiles qui poussent ceux qui le possèdent à l'agrandir. Il nous reste maintenant à examiner à quel mode d'exploitation les propriétaires de l'Etat avaient recours, et sous l'influence de quelles causes ce mode d'exploitation, d'abord grossier et barbare, est venu successivement à se modifier et à se perfectionner.

Quelle est à cet égard la situation des co-partageants

sans scrupule qui ne reculait devant aucune fourberie et aucun crime pour arrondir son domaine et augmenter son revenu. Sa politique, dit un historien, se résimiait en cette devise : <i Là où est le profit, là est la gloire. » Sous ce l'apport, il réalisait le type le i)lus complet d'un bon cutrepreneur d'industrie IJolitiquo.

Après Philippe-Auguste et Louis XI, c'est Louis XIV qui a le plus contribué à l'extension du domaine politique de la maison de France.

La conquête a joué le premier rôle dans l'agrandissement do ce domaine ; vient ensuite l'héritage, puis en dernier lieu les acquisitions à pri,\ d'argent. Parmi celles-ci nous citerons :

— En 1100 ou 1101, Eudes Arpin, vicomte de Bourges, se disposant à jiartir pour la Terre sainte avec le duc d'Aquitaine, vendit pour 60,000 sous d'or sa vicomté au roi qui la réunit à la couronne

— Pierrefonds, dans le Valois, fut acquis en 1193 de Gaucher de Chàtillon, par échange de 80 livres de revenu annuel à prendre à Clichy, et subsidiairement à Montreuil près Paris. Cette seigneurie relevait de l'évéque de Soissous et le roi lui remit le droit de gîte pour être dispensé de lui rendre hommage comme seigneur de Pierrefonds ^.

— Louis IX réimit à la couronne le comté de Màcon qu'il acquit du comte et de la comtesse de Màcon pour le prix de 10,000 livres et une pension viagère de 10,000 livres à la comtesse *.

— Humbort II, dauphin du Viennois, vendit le Dauphiné à Philippe VI et désormais l'héritier présomptif de la couronne de France porta le titre de Dauphin (1349) *.

— L'année précédente (1348), la seigneurie de Montpellier avait été achetée à don Jayme d'Aragon pour 200,000 écus d'or.

1. Études sur le régime financier de la France, par Ad. Vuitry, p. 179.

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