‹ L'évolution politique et sociale de l'égliseChapitre 14 sur 26 · CONTRE L'ARCHEVÊQUE D'AIX · texte numérisé non relu

CONTRE L'ARCHEVÊQUE D'AIX

La circulaire adressée par le minisire des cultes aux évêques de France pour les inviter à suspendre les pèlerinages d'ouvriers à Rome, fut assez mal accueillie par un certain nombre de ces personnages.

Nombre de prélats crurent, à cette occasion, qu'il était de leur devoir de protester contre un acte de l'autorité civile dont il était impossible de contester aussi bien la convenance diplomatique à l'égard de l'Italie surexcitée que la parfaite légalité.

Parmi ces manifestations hostiles, on remarqua une lettre, plus qu'acerbe dans la forme, écrite par M. Gouthc- Soulard, archevêque d'Aix, et le gouvernement la jugea intolérable.

On annonça bientôt que M. Gouthe-Soulard, archevêque d'Aix, allait être traduit devant la Cour d'appel, en vertu de l'article 222 du Code pénal, pour outrages au ministre des cultes. L'émotion fut très vive dans les journaux de l'opposition, et la presse dévouée à la République eut pour devoir de soutenir le gouvernement.

l'évolution de l'église

Il n'y a point à se dissimuler que, en dehors du parti républicain, les poursuites dirigées contre Tarchevéque d'Aix vont être qualifiées par les uns d'acte de violence et de persécution, et, par les autres, considérées comme un acte d'insigne faiblesse.

C'est ordinairement ce qui arrive toutes les fois que le gouvernement prend le parti , non pas d'attaquer, ce qu'il ne fait jamais, mais de se défendre contre un des membres du clergé.

On dira que c'est un odieux abus de la force, un effet de la plus insupportable tyrannie, et en même temps, d'un autre cùté, on insinuera que, si la République se sentait véritablement forte du cùté du clergé récalcitrant et révolté, elle aurait couvert de son dédain d'aussi pitoyables et inoffensives manifestations.

Eh bien! s'il faut le dire, le gouvernement de la République n'avait pas le droit de laisser se paralyser entre ses mains les moyens dont les lois l'ont armé pour la protection et la défense de l'État laïque contre les empiétements du clergé. Les membres du clergé, comme tous les autres citoyens, peuvent commettre de certains abus. Le pouvoir civil a mission de réprimer ces abus, dès qu'ils se produisent, et c'est l'objet des déclarations d'abus rendues en conseil d'État'. L'autorité publique a aussi le pouvoir et le devoir de déférer ces abus aux tribunaux quand ils sont criants et délictueux, et nos lois pénales fournissent les moyens de les punir. En France, la loi est égale pour tous, et il n'y a point d'exception en faveur des membres du clergé. Fussent-ils les prélats les plus éminents de l'Église de France, ils sont soumis, comme tous les Français, au respect non seulement, de la constitution et des lois, mais aussi des magistrats ou fonctionnaires qui les représentent et les appli-

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