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de soumission et de piété. Surtout il convient de ne jamais rompre, de temporiser toujours, de laisser les événements se produire et les hommes même les plus passionnés revenir de leurs emportements et de leurs erreurs.
Cette politique a été pratiquée par le Saint- Siège, spécialement dans ses relations avec la République française et c'est ce qui n'a peut-être pas été assez remarqué. Mais les esprits que ces graves questions intéressent n'ont qu'à se souvenir du passage parmi nous d'un nonce apostolique, qui passait à bon droit pour s'inspirer des pensées les plus secrètes de Léon XIII dans son habile action di})lomalique : nous voulons parler de Mgr Czacki, mort depuis sous la pourpre romaine, qui révéla le premier la politique à longue portée du pontife qu'il représentait auprès de notre République. Ce prélat mondain, dégagé de tous préjugés de naissance et d'éducation^ frappait surtout par la réunion de deux finesses qui semblent s'exclure, la finesse italienne, si patiente et si déliée, et la finesse slave, tout aussi rusée dans ses emportements qui ne durent pas et dans sa fougue toujours calculée. Il s'est trouvé à Paris dans les conjonctures les plus délicates, au moment même où les républicains, . incessamment tenus en échec par le parti clérical, s'occupaient à mettre fin aux envahissements de l'Église dans la politique, par l'établissement des lois scolaires. Le nonce Czacki ne se découragea point dans la tâche si ardue qu'il
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avait à remplir et qu'il tenait de la confiance personnelle de Léon XIII : il devait coûte que coûte, sans rien sacrifier des prétentions romaines, maintenir les relations entre le Saint-Siège et la France; et il y réussit. Quand il le rappela auprès de lui, dans ce Sacré-Collège où le cardinal Czacki eut h peine le temps de prendre rang, Léon XIII lui donna pour successeur un autre confident, peut-être encore plus intime, de sa politique, Mgr Rotelli, ancien curé de la cathédrale de Pérouse, que le nouveau pape avait envoyé à Constantinople avec la qualité d'internonce et la mission d'y défendre, principalement contre les prétentions de l'Italie nouvelle, les droits et prérogatives dont la France jouit depuis des siècles en Orient pour le plus grand Lien de la chrétienté. On peut être sûr que le nonce apostolique d'aujourd'hui, Mgr Ferrata, formé à l'école de Mgr Czacki, a reçu les mêmes instructions. Ce qui est manifeste pour tous les esprits non prévenus, c'est que la politique de l'Eglise, telle que Léon XIII la comprend, lui fait une sorte de devoir, parce que tel est son intérêt, de ne point s'aliéner la France. Cette politique, qui est celle même de la Papauté, ne date pas d'aujourd'hui; on peut la suivre à la trace dans tout le cours de sa longue histoire. Mais pendant qu'à Rome on se reprenait aux anciennes traditions, en renouant la chaîne des temps, en France, le clergé catholique se jetait à corps perdu dans les compétitions dynastiques, au risque d'y compro-