L98 Inquisiteurs d'Espagne, par Tarrida del Marmol
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sa démission le 23 octobre, mais fut renommé.
L'insurrection écrasée, FEspagne a parlé de réformes? Mais quelles réformes? Le statu quo n'est pas possible, et beaucoup de ceux qui prononcent ce mot-là entendent par là un mouvement de réaction.
Les indigènes ont identifié dans leurs haines les moines et TEspagne, et l'Espagne, dominée par ses moines, ne peut que les soutenir.
Elle se trouvait en face de ce problème insoluble au moment où l'amiral Dewey détruisait la flotte à Cavité et devenait le maître à Manille.
Les journalistes français qui, sous prétexte d'une illusoire parenté latine avec les Espagnols, ne cessent de prédire la défaite des Américains, considèrent comme insignifiante la bataille de Cavité. Ils s'inquiètent de savoir comment l'amiral américain se ravitaillera de charbon. Ils ignorent qu'une
marchandise n*est contrebande de guerre que par le fait du transport et du risque qu'elle fait courir au transporteur. Gomme il n'y a pas en ce moment un navire espagnol aux environs de Manille, tous les çargo-boats peuvent venir tranquillement de Hong-Kong, de Macao, de Singapour, apporter du charbon à la flotte américaine.
D'après les chiffres officiels, il y avait 19,000 hommes de troupes dans les Philippines ; mais, parmi eux, on compte des troupes indigènes, des gardes civils dont la fidélité est plus ou moins fragile. La répression de l'insurrection n'a point réconcilié les Tagals avec les Espagnols, et l'occasion est trop belle pour qu'ils la laissent échapper.
Supposons que les Etats-Unis ne veuillent pas ou ne puissent pas conserver les Philippines, l'Espagne peut-elle les conserver de son côté?
Les Etats-Unis vont-ils tout simplement se retirer et laisser la place libre aux Espagnols pour assurer de nouveau la fructueuse exploitation des Philippines par leurs 1 . SOO moines ?
On peut considérer dès maintenant que
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les Philippines sont perdues pour les Espagnols.
Nous assistons de nouveau au conflit des peuples qui ont la politique de la porte fermée et de ceux qui ont la politique de la porte ouverte.
Même ceux qui ferment la porte chez eux, comme la Russie, ouvrent celle de la Chine.
Les Etats-Unis, protectionnistes chez eux, ouvrent la porte fermée des Espagnols.
Un de nos amis nous écrit de Londres qu'actuellement on y parle beaucoup d'une ligue anglo-américâine-japonai&e en faveur de « la porte ouverte ». Manille serait une des escales de cette politique, dont le triomphe est assuré dans l'avenir.
La chute de l'Espagne affirme cette évolution progressive. M. Méline et ses amis ne le comprennent pas : tant pis pour la France ! malheur à elle si elle ne profite pas de l'eflfrayante expérience à laquelle elle assiste en ce moment !