CHAPITRE III
MARVAEZ, O'DONNELLETPRIM
De 1843 à 1868, trois généraux se disputent TEspagne ; Narvaez, O'Donnell et Prim.
Narvaez, né en 1800, avait été dans sa jeunesse du côté des Cortès contre l'absolutisme de Ferdinand. Forcé de se faire oublier dans la vie privée, il ne rentra dans Tarmée qu'à la mort de Ferdinand VII. Capitaine d'un régiment de chasseurs en 1834, en deux ans, il devenait général et établissait sa réputation militaire en luttant contre les bandes carlistes de Gomez. En 1838, il fut nommé capitaine général de la vieille Cas-
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tille et porta ombrage à Espartero qui le força de se retirer. Aussi Narvaez se joignit-il à Cardova dans le pronunciamient* de Séville du d2 novembre 1838. Ce mouvement ayant échoué, Narvaez put se réfugier en France où il retrouva la reine-mère Marie Christine et complota avec elle le renversement [d'Espartero. Le lieutenant-colonel Prim, qui en 18i4, s'était distingué dans la guerre contre les carlistes, était envoyé en exil par Espartero comme chef des progressistes. Narvaez se rendit à Gibraltar, essaya de s'emparer de Cadix. Il échoua ; mais ne se découragea pas, et en 1843 tandis que Prim soulève Reuss, il débarque à Valence, obtient l'adhésion de la garnison et de la population, et se dirige vers Madrid.
Prim et Serrano après avoir défait Espartero à Bruch Ty avaient précédé.
Narvaez avait encore eu pour collaborateur dans cette campagne, O'Donnell qui était né en 1809, d'un père ultra-royaliste, d'un de ceux qui étaient désignés sous l'épithète de servit. En 1832, O'Donnell s'était cependant déclaré partisan de l'armée cons-
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titutionnelle et en 1839, général de division à Tâge de trente ans, il forçait Cabrera à lever le siège de Lucena. Mais en 1840 il reçut la reine Christine à son quartier général de Valence et il dut quitter TEspagne avec elle et se retirer à Orléans. Il ne cessa de conspirer contre Espartero. Diego Léon et Concha devaient s'emparer à Madrid du palais de la reine, tandis qu'O'Donnell s'emparerait de la citadelle de Pampelune. Il réussit, mais ses complices échouèrent. Il ne rentra en Espagne qu'avec Narvaez qui, pour le récompenser, tout en l'éloignant, le nomma gouverneur général de Cuba.
Une fois Espartero chassé et Narvaez au pouvoir, alors commencent les difficultés du gouvernement : il fait proclamer par anticipation la majorité d'Isabelle, et il rappelle la reine-mère Christine. Il modifie la constitution de 1837, gouverne avec l'état de siège. Des conspirations répondent à ses
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procédés dictatoriaux. Le 6 novembre, il reçoit en se rendant au théâtre, six coups de feu sans être atteint. Il fait condamner Prim à six ans de prison aux Iles Philippines convertis en un exil qui dura jusqu'à Tamnistiede 1847. Rer.du insupportable par ces mesures réactionnaires, Narvaez, après avoir résisté encore à la reine-mère qui avait arrangé les mariages espagnols avec Louis-Philippe, dut quitter le ministère; en 1846 il fut nommé ambassadeur à Paris. Mais quatre cabinets tombèrent dans l'espace d'un an ; le 4 octobre 1847, il fo^^ma un ministère conservateur avec Sactoraès et Cardova : la révolution de 1848 en France eut sa répercussion en Espagne comme dans le reste de l'Earope :
elle provoqua des mouvements républicains à Barcelone, à Madrid et à Séville, et des mouvements carlistes dans le Haut Aragon et la Haute Catalogne.
Narvaez en avait triomphé quand, le 18 octobre 1849, il fut remplacé par un ministère présidé par le général Cléonard et qui comptait parmi ses membres le général Trinidad Bilbao, connu par ses atrocités dans la Man-