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DONNELL ET PRIM

Les deux généraux O'Donnell et Espartert commencèrent par ne pas s'entendre et cou tinuèrcnt pendant deux ans à mener le chai de l'Elat en tirant chacun de leur côté. Ai bout de ce temps, Us se mirent d'accon pour rendre un décret contre la presse : li ministre M. Patinio de Escosnia attribuai dans le préambule les émeutes de Valla dolid, de Palencia, etc., au clergé et au} réactionnaires; O'Donnell les avait précé dcmment attribuées aux socialistes. Cetti différence d'appréciation qui prouve que le:

ministres cherchaient moins la vérité qu* des arguments favorables à leur politiqm respective aboutit à la dissolution du cabi net, et le i4 juillet 1856, O'Donnell fu nommé président du Conseil,

Aussitôt éclate une insurrection à Madrid un certain nombre de députés des Cortès sf réunissent pour frapper d'un vote de défiance O'Donnell ; à Barcelone, à Sarragosse

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des insurrections éclatent, et partout sont réprimées avec énergie. Mais elles avaient tellement ébranlé le ministère que le 12 octobre O'Donnell devait céder la place à Narvaez qui prit pour de Tordre une politique de réaction, faite au mépris de toute règle constitutionnelle. Afin de prouver son infaillibilité, elle étouffa la presse.

Moins de deux ans après, le 9 juin 1858, Narvaez était à son tour remplacé par O'Donnell qui, pour consolider sa politique à rintérieur, fit des diversions à Textérieur. Il engagea une guerre contre le Maroc et après des pertes cruelles, provenant en grande partie du choléra, il reparut en vainqueur, avec le titre de duc de Tétuan, mais sans avoir procuré à son pays des avantages réels. Il s'engagea dans l'expédition du Mexique, mais il ne persévéra pas. Il fit une expédition malheureuse contre le Pérou et le Chili et voulut annexer Saint-Domingue.

Si ces entreprises n'augmentèrent point le prestige de l'Espagne, elles augmentèrent ses dettes. Elles aboutirent à une insurrection qui éclata au mois de juin 1864 à Madrid et

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dans les principales villes d'Espagne. Ce furent les artilleurs de la caserne San Gill à Madrid qui donnèrent le signal en massacrant leurs officiers. O'Donnell la réprinîa avec courage et habileté ; mais le lendemain du succès, il demanda aux Cortès de suspendre les garanties constitutionnelles : il fit traduire devant le conseil de guerre de nombreux prisonniers qui furent fusillés, et des hommes, comme le professeur Emilio Castelar, comme Sagasta, furent condamnés à être étranglés par le « garrotte vile ».

Une fois la responsabilité de ces faits odieux assumée par 0*Donnell, la reine Isabelle lui signifia son congé et le remplaça par Narvaez. O'Donnell se retira à Biarritz où il mourut le 5 novembre 1867. Narvaez continua la réaction : il fit transporter plus de 3.000 personnes aux Philippines, aux Canaries ou à Fernando Pô : il fit mettre les scellés sur les presses de tous les journaux

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soupçonnés de libéralisme. Le ministre de Tinstruction publique voulait assurer « Tordre moral » en rappelant que « la religion catholique était la religion exclusive de TEtat. » Le capitaine général Peguela interdisait à Madrid « dans les cafés, cercles ou autres lieux publics la lecture de tout journal étranger qui aurait, seulement une fois, mal parlé de la religion catholique. » Le président du Congrès, M. Rîos Rosas ayant protesté, Narvaez le fit empoigner et expédier aux îles Canaries ainsi que plusieurs autres députés. Un décret prononçait la dissolution des Cortès. Narvaez interdisait à Tarmée de s'occuper de politique et lui demandait en môme temps des adhésions à sa politique.

La veille des élections, Narvaez levait Vétat de siège, mais par décret s'attribuait le droit d'arrêter tout individu suspect. De tels moyens lui assurèrent une majorité.

Il resta président du Conseil jusqu'à sa mort survenue le 23 avril 1868. II gouvernait de la manière la plus réactionnaire tout en se croyant libéral. « Quant àmoî,disait-îl, dans un de ses derniers discours, ^'ai reçu lé

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