‹ L'évolution politique et sociale de l'EspagneChapitre 52 sur 65 · Revue du Droit public 1896, t. 5, p. I · texte numérisé non relu

Revue du Droit public 1896, t. 5, p. I

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rèrent fédéralistes. Dans les Certes, qui élurent le roi Amédée, se trouva une minorité de 71 républicains à voter contre.

Ruiz Zorilla réunit, dans le radicalisme, les démocrates et les progressistes ; Sagasta forma un parti constitutionnel avec quelques progressistes dissidents et tous les unionistes.

Quand la République fut proclamée en 1873, les républicains se trouvèrent partagés entre fédéralistes et centralistes. La République dura onze mois, et usa Pi y Margall et Castelar. Après la proclamation d'Alphonse XII, tout le parti radical resta fidèle à la République ; en 1880, Ruiz Zorilla fonda un parti démocrate progressif qui avait pour programme l'autonomie administrative des communes et des provinces et la centralisation politique. En 1891, M. Salmeroa fonda un parti républicain centraliste.

Les deux grands partis constitutionnel^ qui ont détenu le pouvoir avaient pour chefs : les conservateurs, M. Canovas del Castillo; les libéraux modérés, M. Sagasta.

Mais tous les partis se fractionnent. Après

les élections de 1896, on comptait dans les Cortès 300 conservateurs, 100 libéraux, 10 carlistes, 10 indépendants, 8 conservateurs dissidents et 3 républicains.

Les noms des chefs tiennent lieu de programme : Canovistes, Sagastiniens, Silvelistes, Castelariniens, Zorillistes, Salmeroniens.

La grande majorité des Espagnols ne s'occupe pas de politique. Les petits chefs de parti dans les localités font de la tyrannie. Les mœurs publiques ne sont pas à la hauteur des institutions.

Les populations ne comprennent pas l'agitation légale qui a pour but de s'emparer de l'opinion par la persuasion.

En Angleterre, un impôt est considéré comme mauvais : une associatioti existante ou une association établie pour cet objet prend la cause. Elle fait des enquêtes. Elle publie des « leaflets ». Elle réunit des meetings. Elle saisit les journaux de ses arguments. Elle tâche de convaincre les partis politiques et le gouvernement du bien fondé de ses raisons.

Les pratiques espagnoles sont tout autres!

En 1893, pour protester contre les impôts, des<( partridas » , des corps d'insurgés s'organisèrent en Navarre. M. Sagasta étant venu à Saint-Sébastien, des émeutiers essayèrent de prendre d'assaut l'hôtel oîi il était descendu et ne furent dispersés que par une fusillade de la garde civique.

M. Sagasta fut obligé de rentrer en cachette

à Madrid où de nouveaux troubles devaient éclater au moment de son arrivée.

En 1897, à la sortie de la séance du Sénat dans laquelle le duc de Tétuan, comme ministre des affaires étrangères, avait eu à subir une discussion relative à la reconnaissance des Cubains comme belligérants par les Etats-Unis, il donna un soufflet au sénateur libéral M. Comas, sans y être provoqué par une question personnelle. M. Canovas solidarisa tout le cabinet avec le duc de Tétuan. Les libéraux s'abstinrent de rentrer au parlement. M. Canovas fit voter en leur absepce, par sa majorité, les lois financières et économiques indispensables, et le 2 juin, prononça la clôture de la ses-

sion. Il offrit alors sa démission à la Reine. Au bout de quatre jours la Reine maintint le ministère tout entier.

Le 8 août, M. Canovas fut assassiné, et le cabinet Sagasta fut constitué à la fin de septembre, ayant pour le soutenir la majorité de conservateurs qu'avait fait élire son prédécesseur.

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