Paul Melon. L'Enseignement supérieur en Espagne
est riche en archives, mais pauvre en laboratoires. L'enseignement de son histoire n'est pas commode, dès qu'on approche des époques contemporaines. Aussi se contentet-on de célébrer sa grandeur passée.
S'il y a des professeurs, comme M. Sanz del Rio, qui s'inspirent de la philosophie allemande, d'autres, comme MM. Cajal, San Martin, professeurs à la faculté de médecine, Dorado professeur à l'Université de Salamanque. Sales professeur d'histoire à Séville, Salmeron, Azcarate, Castro qui s'inspirent des idées franco-anglaises, la grande massé du professorat espagnol n'est point affranchie de la tradition du catholicisme farouche des xv* et xvi" siècles. L'un de ses membres, M, Menendez y Pelayo, professeur de littérjiture espagnole à l'Université de Madrid, a consacré trois volumes à la science espagnole, en commençant par faire l'apologie de l'institution la plus opposée à toute liberté de recherche.
« Je suis catholique, apostolique romain sans mutilation et sans subterfuge, dit-il.
Je ne fais aucune concession ni à l'impiété
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ni aux doctrines hétérodoxes. Je considère comme une dos grandes gloires de TEspagne sa lutte contre Thérésie et je comprends, j'approuve et je bénis Flnquisition. Elle est vraiment la fille du génie et du peuple espagnols».
Il fait ensuite l'apologie de l'expulsion des Juifs et des Maures. Il avoue que « la conséquence fut l'appauvrissement du pays, de l'agriculture, et la ruine du commerce ; la chute du commerce entraîna celle de l'industrie, car il n'y avait plus de bras pour elle, l'essentiel à ce moment de notre histoire n'étant pas de tisser des toiles, mais de tuer les hérétiques. Les conséquences ont été désastreuses : mais nous avons conservé intactes notre conscieûce religieuse et notre conscience historique à l'époque de la soidisant réforme : nous sommes restés fidèles à l'esprit de notre civilisation «.
M. Menendez y Pelayo attribue tous les maux de l'Espagne à l'intrusion de la dynastie française : « Elle nous a apporté les pires calamités, le jansénisme et l'Encyclopédie ; fait inconcevable et brutal, elle a
chassé les jésuites. La civilisation d*Espagne reçut une entorse do^nt elle souffre encore : son principe fut faussé. Il n'y a pas jusqu'au Saint Office, une de nos institutions les plus conformes au pur génie castillan, qui ne subît la décadence générale ».
Ce que M. Menendez y Pelayo appelle la science espagnole, c'est l'art d'exterminer les hérétiques. Il est vraiment fâcheux qu'il n'y ait pas un laboratoire expérimental annexé à sa chaire. Il retrouverait à son cours la foule qui se pressait aux autodafés.
Les étudiants de Séville forment deux confréries : l'une a pour patronne la Vierge aux sept douleurs et l'autre la Vierge du Carmel. En 1896, une rixe éclata entre elles, chacune entendant faire prévaloir la supériorité de sa Vierge. — Qu'est-ce que ta Vierge ? disaient les uns. Une P.... — Et la tienne donc .* répondaient les autres. Et pour prouver leurs dires respectifs, ils se fêlèrent réciproquement quelques têtes et se cassèrent mutuellement quelques bras et quelques jambes.
Quand l'amiral Cervera partit pour Cuba,
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les moines lui donnèrent une image de sainteté destinée à le rendre invincible , et nous ne pouvons pas en rire puisque, dans la République française, le chef de Tétat major de la flotte, Tamiral Cuverville, Ta vouée à Saint Michel !