V.JI
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Tamiral Dewey, dans le combat du 1^' mai.
Dans le combat naval du 3 juillet, trois cuirassés américains furent atteints par des projectiles ennemis : VIndigna deux fois, VOregon^ trois fois, Ylowa neuf fois. Par contre, on a relevé 61 trous de boulets sur VOquendo, 24 sur la Vizcaya^ 33 sur la, Maria Teresa et 80 sur le Christobal-Colon. La Vizcaya fut détruite par l'explosion d'une de ses propres torpilles.
Les officiers américains attribuèrent les incendies qui ont causé en partie la perte de l'escadre Cervera aux aménagements en bois qu'on avait conservés dans la construction de ses navires, malgré tant d'expériences.
Enfin l'escadre de réserve, composée de onze navires et portant 4,000 soldats, commandée par l'amiral Camara, sort de Cadix.
On apprend qu'elle est arrivée à Port Saïd où elle reste plusieurs jours, retenue, disait-on, par les difficultés qu'elle éprouvait pour payer le passage du canal de Suez et pour faire du charbon. Elle traverse Te canal, puis le 9 juillet elle reçoit l'ordre de revenir
en Espagne, payant ainsi un double péage.
Personne n'a rien compris à cette manœuvre pas plus ceux qui Tout ordonnée que ceux qui Font exécutée.
Les Espagnols supportèrent toutes ces fausses manœuvres et ces déroutes avec un calme relatif qui stupéfia tout le monde. On ne peut l'expliquer que par cette appréciation de Castelar sur ses concitoyens :
« L'exaltation méridionale de l'Espagne est tempérée par une grande résignation chrétienne et par une patience presque mystique » .
Les rodomontades remplissaient les journaux et les discours. « Le dernier des Espagnols disparaîtra plutôt que de céder aux Etats-Unis » était une phrase courante.
Même après la prise de Santiago, les Espagnols retardaient le moment d'ouvrir les préliminaires de la paix. En même temps, jamais on ne s'était plus amusé en Espagne.
A la fin d'août une question passionna bien plus l'opinion que les désastres de la guerre.
Des toréadors féminins parurent dans des courses de taureaux; les toréadors mascu-
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lins, blessés dans leur dignité, déclarèrent que le monopole de ces fêtes nationales appartenait aux hommes et menacèrent de faire grève. La population fut atterrée.