‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 10 sur 135 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

timent et de l'imagination. L'éthique, la philosophie, la sociologie, de quelque nom qu'on décore l'application de notre entendement à la découverte des lois de notre destinée individuelle et des conditions de notre existence collective, peuvent nous révéler les exigences pratiques du devoir; mais ce devoir, la religion nous le fait vivre, c'est-à-dire réaliser dans toute sa plénitude.

M. von Hartmann a écrit que la religion était la conception populaire de l'idéal. C'est la conception vivante qu'il aurait dû dire, car, à ce point de vue, il n'est aucun esprit qui n'ait besoin de religion, et, ainsi compris, le sentiment religieux n'est pas seulement rationnel, il est encore aussi indestructible que la raison elle-même.

J'ajouterai que l'essentiel, pour la paix des consciences et pour le progrès des idées, c'est moins d'attirer les Églises au rationalisme qu'au libéralisme, moins de leur imposer des professions de foi scientifiques que de les amener à reconnaître les droits absolus du libre-examen et à proclamer la possibilité constante du progrès religieux.

Il est indéniable que nous traversons en ce moment une période aiguë de crise religieuse. Si nous ne voulons en aggraver la violence et en prolonger la durée, il est urgent de dépouiller tout préjugé et

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