LITURGIE DE M. CONGREVE
Le prêtre : Nous voudrions humblement communier en prière avec toi,
Ze peuple : Comme tes serviteurs dans le présent.
Ensemble : Puissent notre culte comme notre vie se développer de plus en plus dignes de ton grand nom!
Après le sermon et uue nouvelle prière, l'office se termine par la bénédiction suivante : « Que la foi de l'humanité, l'espoir de l'humanité et l'amour de l'humanité vous apportent le repos, qu'ils vous enseignent la sympathie et qu'ils vous donnent la paix en vousmêmes comme la paix avec autrui, aujourd'hui et à jamais. Amen. » — On voit que cette liturgie fait de larges emprunts au ton et même au texte de l'Imitation ^
Voici également, d'après le même manuel, le texte d une « collecte pour saint François d'Assise », dont le calendrier comtiste fixe la fête au 20 Charlemagne (ère vulgaire : 7 juillet) :
Dans un autre temps et une autre croyance, nous qui, en ce jour, honorons avec vénération la mémoire de ce nohle saint de l'ancien culte, saint François d'Assise, nous prions, afin
1 Thomas à Kempis, est fort en faveur parmi les disciples orthodoxes de Comte, qui a vivement recommandé la lecture de Vlmitalion comme manuel de sainteté et de dévotion universellement reçu, — à condition, bien entendu, d'y substituer l'Humanité à Dieu, le type social au type personnel de Jésus, notre perfectionnement intérieur à la rémunération future, nos instincts sociables à la grâce, et nos instincts égoïstes à la nature. « Ainsi employées, — dit M. Congreve, dans son petit manuel The Religion ofHumanity — , ces leçons de dévotion et d'humilité, de communion intime avec le type que nous adorons, de culture morale sans limites et d'abnégation au service des autres, n'offrent pas moins d'avantages pour être formulées dans les termes d'une foi plus ancienne et sanctionnées par l'expérience de générations nombreuses d'esprits fidèles et dévots. »
166 LE COMTISME ET LE SÉCULARISME
que son exemple ne soit pas perdu pour nous, mais que son sérapliique amour pour l'objet de sa dévotion nous enseigne un amour pareil pour l'Humanité souffrante et blessée, que nous prêchons et servons. Que la force de cet amour nous communique une part de l'humilité de ce grand saint, de la richesse de son esprit de renonciation, de son affection simple et illimitée pour tous les hommes, pour tous les êtres vivants, pour tous les objets extérieurs, enfin, de sa patiente et sympathique résignation. Qu'ainsi, par notre vie, nous glorifiions notre service comme il a glorifié le sien ; qu'ainsi nous répandions, comme il a répandu sa foi, la foi, plus noble et plus durable, en laquelle s'est transfigurée de nos jours la foi de l'Europe du moyen âge.
Je terminerai ces extraits par la traduction de la prière suivante, rédigée par M. Congreve pour le sacrement de la présentation des enfants : -
Grand Pouvoir, toi que nous adorons comme la source de tout bien pour les hommes, ô Humanité, nous, tes serviteurs, nous nous rassemblons pour consacrer une nouvelle vie à ton service. Nous prions humblement et sincèrement pour que l'enfant ici présenté et consacré soit élevé dans l'amour, la fidélité et la sagesse ; pour que, sous de saines influences d'affection, de soumission et de vénération, il puisse, en grandissant, devenir une source d'influences analogues et prendre sa part dans ton œuvre progressive. Nous prions, en outre, pour nous-même, afin que, quelle que soit notre part dans cette cérémonie, nous puissions en profiter pour retremper notre dévotion et pour renouveler l'abandon que nous t'avons fait de nos personnes. Qu'elle nous laisse à la fois plus humbles et meilleurs — plus humbles, par le sentiment de notre multiple insuffisance, — meilleurs, par la résolution de mieux tirer parti des occasions qui nous sont offertes de nous perfectionner, de nous dévouer à autrui, de soutenir ta cause avec zèle et activité, te glorifiant ainsi pour ton passé