‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 73 sur 135 · PARKER ET LA SCIENCE POSITIVE · texte numérisé non relu

PARKER ET LA SCIENCE POSITIVE

l'appui de l'observation externe ; mais c'est surtout à l'observation interne qu'il s'adresse pour fournir la preuve décisive de Dieu et de l'immortalité.

Il commence par montrer dans la nature humaine l'existence d'une faculté ou disposition religieuse, à côté de nos facultés morales, intellectuelles, sensibles. Cette faculté nous fournit la notion première de l'Infini et de l'Absolu, comme nos sens nous donnent la connaissance de la matière. Cette notion primordiale, ce fait de conscience », « vérité de nécessité », est ensuite saisie par la Raison, qui en déduit l'idée d'un Dieu infini en puissance, en intelligence, en justice et en amour. Ce n'est plus le Dieu du déisme ni du sensualisme, extérieur au monde et d'une utilité hypothétique. C'est un Dieu universellement et éternellement actif, immanent dans l'esprit et dans la maiière. Les lois de la nature sont ses modes d'action; dès lors, le miracle est impossible, puisque ce serait une violation des lois divines. Mais Dieu n'est pas seulement immanent, il est encore transcendant, c'est-àdire sans limitations d'aucune nature, infini et absolu. L'univers, étant la manifestation de son activité, participe à sa perfection, mais seulement par rapport au but pour lequel il l'a créé. Quant à l'immortalité de l'âme, elle trouve ses meilleures preuves dans le désir de survivance qui est au cœur de l'homme.

Puisque Dieuest immanent dans la nature humaine, il s'ensuit que « l'homme est apte à recevoir des inspirations de Dieu et à entrer en communion avec lui, non par l'extase ou par le miracle, mais par l'usage régulier de toutes ses facultés morales, Intel-

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lectuelles, affectives, religieuses » . « Ainsi le transcendantalisme peut légitimer les plus hautes inspirations et expliquer le génie du plus noble fils de Dieu, comme une chose naturelle et non monstrueuse. En religion, comme en toutes choses, il y a un développement progressif de l'humanité. Le monde est une école; les prophètes, les saints, les sauveurs, les génies les plus éminents, les plus fidèles, les plus inspirés, sont des éducateurs qui servent à mener les hommes vers Dieu. »

Voici en quels termes Parker montre que la science, étant une forme de la religion, ne peut en rien nuire à celle-ci :

Les hommes de science, pris en masse, ne font pas la guerre aux vérités, aux vertus, à la piété qu'enseigne la religion, mais seulement aux erreurs, -aux maux, à l'impiété qui en usurpent le nom. La science est l'alliée naturelle de la religion. Tenterons-nous de séparer ce que Dieu a uni? En l'essayant, nous nuisons à toutes deux. Les philosophes de ce siècle ont un grand amour de la vérité et ils consacrent à sa poursuite autant de talent que d'audace. C'est en son nom qu'ils démolissent les forteresses de l'erreur, si vieilles et vénérables qu'elles puissent être. Toutes les attaques dirigées contre la religion, même par des hommes de science, depuis Celse jusqu'à Feuerbach, n'ont pas fait autant pour la discréditer qu'une seule persécution de sorciers, un seul massacre de la Saint-Barthélémy perpétré au nom de Dieu !

C'est dans la conscience individuelle que les transcendantalistes cherchaient exclusivement la base et la sanction de la morale. Quelques-uns se bornaient à y voir un organe perfectible, exigeant une culture rationnelle pour être à la hauteur de sa mission. Mais

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