‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 8 sur 135 · INTRODUCTION. XY · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XY

Si de nos jours on considère souvent le sentiment religieux comme incapable de floraisons nouvelles et même voué à une disparition plus ou moins prochaine, c'est qu'on tient pouf fondamental et définitif le conflit actuel de la foi et du libre-examen. La religion, dit-on, présuppose le surnaturel, que la raison exclut. Mais il s'agit de s'entendre sur les mots. •Si par surnaturel on veut dire l'antinaturel, la violation de l'ordre qui se révèle dans la nature, le miracle, en un mot, j'admettrai volontiers que cette notion soit désormais inconciliable avec tout système de philosophie rationnelle. Mais, si par là on veut simplement désigner le supra-sensible, le tr ans-naturel, ou, pour mieux dire, le trans-rationnel, il n'y a rien dans la science qui puisse le proscrire. Littré lui-même, parlant au nom de la philosophie positive, déclare parfaitement licite, à qui s'y sent disposé, de se transporter dans le « trans-rationalisme », pour s'y former, sur l'origine et la fin des choses, les idées qui lui sourient le plus, et Herbert Spencer n'hésite pas à proclamer, comme donnée suprême de la science, aussi bien que de la religion, la conception d'un Pouvoir omniprésent qui dépasse les limites de la connaissance ^

^ LiTTRiî, Transrationalisme (dans la Revue positive de janvier 1880). — H. Spencer, First Prindpîes, chap. V.

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