‹ L'évolution religieuse comtemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous [microform]Chapitre 91 sur 135 · PRÉDICTION DE TOCQUEVILLE · texte numérisé non relu

PRÉDICTION DE TOCQUEVILLE

nous arrêtons aux dernières phases du mouvement rationaliste qui a débuté par la révolte de l'unitarisme contre les dogmes de la prédestination *et de la Trinité, — nous trouvons partout, comme tendance affirmative, à ce té du libre examen parvenu à ses dernières limites, le sentiment d'un Être absolu qui se révèle dans la nature sous l'infinie variété des phénomènes. Que maintenant l'objet de cette foi commune se nomme 1' « éternel Un » de M. Emerson, ou le « Cosmos a du professeur Fiske, le « Dieu de la Science » de M. Abbot, ou le « Dieu de l'Évolution » de M. Savage, 1' « Univers dans toutes ses possibilités » de M. Potter, ou le « Pouvoir qui nous élève lentement vers la perfection » de M. W. Gannett, voire 1' « Être qui est derrière toutes les apparences » de M. Adler, c'est, en résumé, le panthéisme qui coule à pleins bords dans les régions avancées de la pensée religieuse aux États-Unis, et ainsi se réalise cette prédiction, formulée par Tocqueville à une époque où la réforme unitaire, dans tout son épanouissement, semblait indiquer plutôt une recrudescence de monothéisme : « Dans les temps démocratiques, l'idée de l'unité obsède l'esprit humain ; il la cherche de tous côtés, et, quand il croit l'avoir trouvée, il s'étend volontiers 'dans son sein et s'y repose. Non seulement il en vient à ne découvrir dans le monde qu'une création et un créateur; cette première divisioQ le gêne encore, et il cherche volontiers à grandir et à simplifier sa pensée, en renfermant Dieu et l'univers dans un seul tout ^ ».

1 De la Bémocraiie en Amérique. Paris, Lévy, 1864, tome III, page 50.

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